VIDEO. L'administration fiscale lui demande de rénover le centre des impôts de son village et lui annonce quinze mois plus tard qu'elle va le fermer

Quinze mois après l'inauguration de son nouveau centre des impôts, le maire de Saint-Laurent-de-Neste (Hautes-Pyrénées) reçoit un texto de l'administration fiscale qui lui annonce qu'elle va le fermer, alors que c'est elle qui avait commandé les travaux.

Au pied des Pyrénées, Saint-Laurent-de-Neste : charmant village de 1 000 habitants, avec ses vieilles pierres, sa petite église, et son centre des impôts flambant neuf, inauguré en mars 2017. La fierté du maire.

Nous avons réalisé cette rampe d’accès pour les PMR, on a dû mettre une porte de sécurité, on a agrandi les fenêtres”, énumère Jean-Luc Rumeau. Au total : 96 749 euros de travaux. Le maire affirme que c’est l’administration fiscale qui lui a demandé de quitter la vieille perception, trop petite.

Mais en juin dernier, à peine 15 mois après l’inauguration, Jean-Luc Rumeau, stupéfait, reçoit un texto de l’administration fiscale : sa trésorerie doit fermer.“J’ai bien conscience de vous mettre peut-être en difficulté et  j’en suis désolé”, indique le message. “On ne fait pas faire des travaux d’un tel montant et après dire qu’on n’en a plus besoin. C’est un sentiment d’injustice, de gaspillage, qui n’est pas tolérable”, estime l’élu. Un maire d’autant plus en colère qu’avec cet argent, il avait prévu de financer la rénovation d’une place de la commune… Une opération reportée.

Des cas isolés ?

Et Saint-Laurent n’est pas un cas isolé… A lire la presse régionale, il y en a d’autres. Comme en ici, à Saint-Pierre-en-Auge, en Normandie. La perception, pourtant rénovée en 2010, a fermé le 1er janvier 2018. Mais elle n’a pas fini de coûter cher aux contribuables.

Pour les travaux, la ville a dû s’endetter : 96 000€ sur quinze ans. C’est un prêt qui se termine le 15 juillet 2025, avec 691 euros à rembourser tous les mois. “Donc aujourd’hui, il nous reste une somme de 54 272 € à rembourser. Ça fait mal au ventre, on vous a obligé à engager des dépenses, et puis stop, les dépenses faut les assumer tout seul, ce qui est icompréhensible pour moi”, juge le maire.

Parmi les 517 sites fermés depuis 2015, combien avaient été rénovés peu avant ?Impossible de le savoir. Interrogé, Bercy reconnait quelques cas isolés sur les perceptions dont le Trésor Public est propriétaire. Concernant toutes les autres, près de 80%,  gérées par les collectivites : aucune idée.

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