VIDEO. "J'étais dans le métro, j'ai vu le nom de François Hollande sur mon téléphone" : Juliette Méadel se souvient de sa nomination au gouvernement

Juliette Méadel était dans le métro quand François Hollande lui a annoncé qu'elle était nommée secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes, en février 2016. Elle raconte.

Le premier gouvernement d'Emmanuel Macron devrait être connu mercredi 17 mai. Beaucoup de noms de futurs ministrables circulent et des prétendants attendent fébrilement de recevoir le coup de fil qui confirme une entrée en poste. Juliette Méadel, secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes, a déjà connu pareille situation en février 2016. Invitée de franceinfo Mercredi, elle a raconté dans quelles circonstances elle avait elle-même reçu un coup de fil de François Hollande, dans le métro. Il lui proposait devenir secrétaire d'État.

franceinfo : Vous souvenez-vous comment vous avez appris que vous pouviez entrer au gouvernement ?

Juliette Méadel : Oui, je me souviens très précisément. Je ne m'y attendais pas du tout. C'était mon premier jour de congé maternité, parce que j'étais enceinte. Je me suis dit que j'allais pouvoir me reposer... J'étais dans le métro et j'ai vu le nom de François Hollande s'afficher sur mon téléphone ! J'ai décroché, et il y avait à côté de moi un musicien qui jouait de l'accordéon, très fort. Je n'entendais absolument rien de ce que me racontait le président de la République et j'ai dû descendre du métro ! Nous avons discuté, moi sur le quai du métro. Ensuite, je lui ai dit que j'avais besoin de réfléchir, de bien comprendre de quoi il s'agissait. Au début, je ne comprenais pas trop l'intitulé du secrétariat d'Etat et le périmètre de mes compétences, puisque les victimes, ça relève du ministère de la Justice. Et j'ai vite compris que si j'avais envie d'agir, il fallait que je sois rattachée à Matignon. Parce qu'à Matignon, on a la possibilité de faire [un travail] interministériel. Quand on doit s'occuper des victimes, on doit faire appel à plusieurs ministères.

La particularité de votre situation est que votre secrétariat n'existait pas avant. Il a été créé de toutes pièces ?

À mes yeux, quand on entre dans un gouvernement, c'est pour être utile et faire des choses. Il faut vite comprendre comment vous allez pouvoir agir et pour le faire, il faut être auprès du Premier ministre pour faire travailler les ministères ensemble. Je suis avocate, j'ai fait l'ENA et ça aide à mieux connaître ce milieu. Maintenant, si vous vous intéressez à l'actualité et que vous vous posez les bonnes questions, à savoir comment être utile et efficace et quelles sont les conditions pour répondre à la mission qui vous est confiée. Une fois que vous avez répondu à ces questions, vous pouvez avoir la bonne approche.

Une fois qu'on devient ministre, quelle est la principale difficulté pour bien appréhender son travail ?

Je crois que le plus important est de définir sa feuille de route. Pour l'aide aux victimes, je n'avais pas de prédécesseur, pas d'administration. En un week-end j'ai travaillé avec des spécialistes pour définir ce que je voulais avoir dans le décret d'attribution, décider quelles étaient les administrations avec lesquelles j'allais travailler et juridiquement savoir jusqu'où s'étendaient mon champ de compétences. Ce qui m'a frappé dans mon passage à ce secrétariat d'Etat, ce sont les entretiens quasi quotidiens que j'ai pu avoir avec les victimes et leurs familles. Je ne suis pas candidate à ma succession, mais j'espère que les victimes auront une représentation politique. C'est pour cette raison que j'ai créé une administration pour s'occuper d'elles.

Juliette Méadel raconte son entrée au gouvernement sous la présidence de François Hollande
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