Le gouvernement dément vouloir réserver les APL aux étudiants boursiers

L\'aide personnalisée au logement pourrait être réservée aux seuls étudiants boursiers, selon le \"Journal du dimanche\" du dimanche 13 avril 2014.
L'aide personnalisée au logement pourrait être réservée aux seuls étudiants boursiers, selon le "Journal du dimanche" du dimanche 13 avril 2014. ( MAXPPP)

Selon le "JDD", c'est l'une des pistes du gouvernement pour contribuer aux 50 milliards d’économies en trois ans

Ce serait l'une des pistes du gouvernement pour contribuer aux 50 milliards d’économies en trois ans. L'aide personnalisée au logement (APL) pourrait être supprimée pour les étudiants non-boursiers, a révélé dimanche 13 avril le Journal du dimanche. Une piste qui suscite la colère des organisations étudiantes, et qui a finalement été démentie par plusieurs ministres, lundi après-midi.

La préconisation de la Cour des comptes

La Cour des comptes a préconisé une restriction des critères d'attribution de l'APL. Principale organisation étudiante, l'Unef estime à 700 000 le nombre d'étudiants qui en bénéficient. Les sages de la rue Cambon, eux, proposent que l'aide soit accordée aux seuls étudiants boursiers.

Cette mesure pourrait rapporter 800 millions d'euros à l'EtatPar ailleurs, "la mise en œuvre de cette proposition contribuerait à réduire la pression exercée par la demande sur les petits logements, pour éviter qu’elle ne se traduise par des hausses de loyers", précise un rapport de la Cour des comptes de 2010 (PDF). 

Les tergiversations du gouvernement

Après les révélations du Journal du dimanche, le gouvernement a tardé à démentir cette piste. Interrogé dimanche dans "Le Grand rendez-vous" d'Europe 1, le secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a simplement indiqué : "Je vous réponds que je ne peux pas vous répondre, parce que les décisions n’ont pas été prises." 

Même réponse du ministre des Finances, Michel Sapin, lundi matin, toujours sur Europe 1 : "Je ne veux parler d’aucune des mesures. On a vite fait de lancer des choses comme ça au hasard. Moi, je ne fais rien au hasard. Tout sera précisément annoncé, et je ne suis pas là pour lancer des pétards qui ensuite deviennent mouillés."

Il faut attendre lundi après-midi pour que la ministre de la Jeunesse, Najat Vallaud-Belkacem, assure que cette suppression de l'APL pour les étudiants non-boursiers n'a "jamais été envisagé". "Notre gouvernement a pour priorité d'investir sur la jeunesse et sûrement pas de la précariser", a-t-elle assuré. La secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, a, elle aussi, assuré que cette piste n'était "pas à l'ordre du jour""Il n'est pas question que l'on touche à la qualité de vie des étudiants car ça conditionne leur réussite", a-t-elle affirmé.

La colère des organisations étudiantes

Sans attendre la réaction du gouvernement, les syndicats étudiants étaient déjà montés au créneau pour dénoncer "une mesure qui représenterait une attaque en règle contre les jeunes", selon l'Unef. Le principal syndicat étudiant avait lancé une page Facebook pour protester contre cette mesure. "Si le gouvernement s’attaque aux aides au logement, au nom de la réduction des dépenses publiques, il devra assumer d’entrer en confrontation avec les étudiants", avait prévenu l'Unef, un syndicat pourtant proche du Parti socialiste.

Autre organisation étudiante à se mobiliser, la Fage, qui s'était élevé contre une "proposition rétrograde". Et de demander au gouvernement de "réaffirmer publiquement sa ‘priorité jeunesse’  et son engagement à maintenir les aides aux logements pour tous les étudiants".

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