Un assistant parlementaire PS insulte Marion Maréchal-Le Pen sur Twitter

La bannière du compte de Jean Bourdeau sur Twitter.
La bannière du compte de Jean Bourdeau sur Twitter. (TWITTER / FRANCETV INFO)

"Marion Maréchal Le-Pen est une conne et une salope !", a posté Jean Bourdeau, qui a reçu le soutien de son sénateur, le socialiste Jean-Pierre Michel.

Il est inconnu du grand public et n'a pas la carrière d'humoriste de Guy Bedos. Jean Bourdeau, militant socialiste et assistant parlementaire du sénateur Jean-Pierre Michel, a qualifié la députée FN Marion Maréchal-Le Pen, le 13 octobre sur Twitter, de "conne" et de "salope", en référence aux propos tenus l'avant-veille par Guy Bedos sur Nadine Morano.

Marion Maréchal-Le Pen se plaint auprès du PS

Pas de quoi sortir de son relatif anonymat, mais suffisant pour susciter la colère de Marion Maréchal-Le Pen. Après avoir confié au Lab qu'elle allait porter plainte, la députée frontiste s'est fendue d'une lettre ouverte à Harlem Désir, mardi 15 octobre. "Connaissant l’attention particulière que vous portez à la condition de la femme et à la lutte contre la misogynie, comme cela a été relevé lors de l’incident fort regrettable du caquetage à l’Assemblée nationale, je vous saurais gré de mettre vos actes en cohérence avec vos paroles et de sanctionner ce type de propos indignes du débat public", demande-t-elle au premier secrétaire du Parti socialiste.

"Estimant qu’entre 'conne' et 'salope' et l’imitation d’une poule, il y a un pas de franchi dans l’attaque sexiste, je ne doute pas que vous prendrez les dispositions nécessaires afin de faire respecter l’image de la femme au sein de votre parti, notamment lorsqu’il s’agit d’une élue du peuple", poursuit-elle.

Jean Bourdeau assume ses propos

Critiqué sur Twitter, Jean Bourdeau assume ses propos. "L'assistant de @Marion_M_Le_Pen m'appelle pour bien vérifier si mon compte Twitter est bien le mien, mais oui mon pote", a-t-il écrit par la suite sur le réseau social à l'adresse de ses quelque 400 abonnés.

"Quand j'ai vu Marion Maréchal-Le Pen à la télé arriver à Brignoles, avec les vieux de l'Algérie française et les crânes rasés du service d'ordre, j'ai été obligé de faire le parallèle avec l'affaire Morano-Bedos, ça a été plus fort que moi, s'est-il expliqué auprès de l'AFP. C'est de l'humour bête et méchant. Et si elle ne comprend pas cet humour, je lui enverrai un vieux numéro d'Hara Kiri où on parlait de son grand-père".

L'intéressé n'en est pas à son premier dérapage, rappelle Le Lab. En juin 2013, Jean Bourdeau suggérait ainsi à Manuel Valls de tirer sur les militants du Printemps français, opposés au mariage homosexuel. A l'époque, l'assistant parlementaire avait reçu le soutien de son sénateur, qui y avait vu une "boutade". Pour Jean-Pierre Michel, ce nouvel écart est également à ranger dans la case "humour", comme en témoigne ce tweet de soutien posté lundi.

Un tweet "grossier, stupide et inutile" pour le PS

"Ce tweet est grossier, stupide et inutile", a réagi la porte-parole du PS Laurence Rossignol. Mais en soulignant aussitôt que Marion Maréchal-Le Pen était elle-même "l'héritière d'une longue tradition politique de propos déplacés". "Je comprends qu'elle soit mécontente mais elle porte fièrement le nom du premier insulteur de la vie politique française."

"Les oreilles de Mme Maréchal Le Pen étaient bien moins sensibles quand elle n'était pas la cible et qu'elle défilait au milieu des pancartes homophobes et sexistes, ou quand son grand-père tenait des propos racistes et négationnistes, ou quand sa tante prône le déremboursement de l'IVG", a conclu Laurence Rossignol.