Trois enseignements à tirer de la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP

Nicolas Sarkozy pose avec des supporters avant de vorer pour l\'élection du président de l\'UMP, à Paris, le 29 novembre 2014.
Nicolas Sarkozy pose avec des supporters avant de vorer pour l'élection du président de l'UMP, à Paris, le 29 novembre 2014. (MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)

Sans surprise, l'ancien chef de l'Etat a bien été élu à la tête du parti, mais avec un score loin du triomphe espéré.

Il n'y a pas eu de coup de théâtre. Sans surprise, les adhérents de l'UMP ont choisi d'élire Nicolas Sarkozy à la présidence du parti, samedi 29 novembre. Avec 64,5% des suffrages, l'ancien chef de l'Etat a largement devancé ses adversaires Bruno Le Maire (29,18%) et Hervé Mariton (6,32%) lors d'un vote électronique marqué par de nombreux couacs.

Que retenir de ce résultat ? Francetv info en tire trois grands enseignements.

1 Un succès en demi-teinte pour Nicolas Sarkozy

Lors de son entrée en campagne, ses soutiens annonçaient un plébiscite autour de 80%, mais son retour annoncé triomphant a été beaucoup plus poussif qu'espéré : Nicolas Sarkozy a rencontré l'hostilité d'un nombre conséquent d'élus.

Au fil de la campagne, les ambitions de ses supporters se sont réajustées à 70%, voire 60%. "Gagner au premier tour, ce serait déjà une immense victoire", assurait finalement Antoine Sillani, président de l'association Génération Sarkozy, avant le scrutin.

Pas besoin de second tour : Nicolas Sarkozy obtient 64,5% des voix. Ce score est cependant bien moins important que celui qu'il avait obtenu en 2004 : cette année-là, il avait été élu à la tête de l'UMP avec 85% des voix, laissant loin derrière ses adversaires de l'époque, Nicolas Dupont-Aignan et Christine Boutin.

2 Bruno Le Maire désormais incontournable

C'était l'outsider de cette campagne : battu avec un score plus qu'honorable de 29,18%, Bruno Le Maire fait désormais partie des personnalités incontournables à droite, après une campagne jugée "réussie" par ses pairs.

Avec 95 meetings au compteur, l'ancien ministre, parfait germanophone et surdiplômé a su casser son image de technocrate un peu froid. Troquant ses costumes cravate pour le jean et le col roulé, l'autoproclamé "candidat du renouveau" est régulièrement descendu de l'estrade lors de ses réunions publiques pour se mêler au public, micro à la main, se prêtant au jeu des questions-réponses.

"J'irai jusqu'au bout, je n'ai rien à perdre, je suis libre", a-t-il répété, égratignant à chacun de ses meetings, tout en restant courtois, l'ancien président. Selon un sondage BVA, sa cote d'influence vient même de dépasser celle de Nicolas Sarkozy, à 67% contre 65%, auprès des sympathisants de droite.

3 La bataille de 2017 à présent lancée

"Le temps est désormais venu de passer à l’action, prévient Nicolas Sarkozy sur Facebook après son élection. Dès lundi, je rencontrerai les principaux responsables de notre famille politique afin de créer les conditions du plus large rassemblement." Tout un programme, à moins de trois ans de l'élection présidentielle de 2017.

Car après ce premier scrutin interne, un autre vote attend l'UMP : la primaire de 2016, destinée à désigner le candidat de la droite à l'Elysée. Durant ses deux ans d'absence, les concurrents de Nicolas Sarkozy se sont organisés et les ambitions ont émergé. L'ancien président doit désormais composer avec François Fillon, Alain Juppé ou même Xavier Bertrand, tous candidats pour 2017.

L'annonce de sa victoire a d'ailleurs été accueillie assez timidement par ces prétendants. Sur Twitter, Xavier Bertrand a par exemple choisi d'insister sur "le score élevé de Bruno Le Maire, qui confirme la demande de renouveau" des militants de l'UMP. "L'union n'est pas la soumission", prévient François Fillon"Habemus papam", a ironisé de son côté Alain Juppé. Interrogé sur les raisons de son sourire, il a expliqué - non sans humour - qu'il allait simplement "boire du vin de Bordeaux". Rien à voir avec la victoire de Nicolas Sarkozy donc.