Propos sur le FN : plus Fillon se justifie, moins il est compris

François Fillon, le 13 septembre 2013 à Nice (Alpes-Maritimes).
François Fillon, le 13 septembre 2013 à Nice (Alpes-Maritimes). (JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP)

François Fillon multiplie les déclarations pour expliquer son nouveau positionnement sur le Front national. Pourtant, il n'arrive pas à se faire comprendre. 

Au sein même de sa formation politique, François Fillon peine à se faire comprendre après ses propos sur le Front national, à tel point que lors du comité politique de l'UMP mardi 17 septembre, l'ancien Premier ministre a été sommé de "clarifier" sa position. Francetv info revient sur ses déclarations. 

Il ne veut pas de front républicain contre le FN...

"Je prends un risque, je le prends en connaissance de cause." Dans le quotidien L'Opinion (article payant) mardiFrançois Fillon assume une fois de plus sa prise de position. Le député de Paris a provoqué la polémique dans son camp en conseillant aux siens, dimanche 8 septembre, de choisir "le moins sectaire" entre un socialiste et un frontiste aux élections municipales de 2014. Il a assumé ses propos dans un entretien au Figaro (article payant) le lundi suivant : "Je revendique ma liberté. Je ne veux plus de cette règle stupide du 'ni-ni'."

Si le revirement de François Fillon est approuvé par la majorité des sympathisants de l'UMP, il divise profondément le parti qui lui a demandé de clarifier sa position lors du comité politique de l'UMP. 

... mais refuse toute alliance

A la sortie de cette réunion, le discours de l'ancien Premier ministre est plus nuancé, et semble revenir sur la stratégie du "ni-ni" : "J'ai expliqué à mes amis que j'avais combattu le Front national toute ma vie et que je n'avais pas l'intention de changer de position. J'ai toujours combattu les alliances avec le Front national et je les combattrai toujours. A titre personnel, jamais je ne voterai pour un candidat du Front national", écrit François Fillon sur Twitter.

Pour autant, pas question de faire une croix sur les électeurs du FN. L'ancien Premier ministre entretient le doute en expliquant que pour former un véritable mouvement d'union nationale, "nous devons nous adresser à ceux qui aujourd'hui sont tentés de voter pour le Front national".

Un message brouillé

François Fillon ne s'en cache pas, il veut faire "bouger les lignes". Mais ce changement de ligne politique est loin d'être du goût des ténors de l'UMP. Sur son blog, Alain Juppé semble perdu. Citant la dépêche AFP annonçant que François Fillon continuerait à "combattre" le Front national et les "alliances" avec ce parti, le maire de Bordeaux prend acte, mais rappelle que c'est très exactement la position qu'a toujours prise l'UMP. "A quoi donc a servi tout ce tohu-bohu !!!", s'interroge l'un des fondateurs de l'UMP.

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