UMP et PS cherchent à mobiliser leurs troupes, à chacun sa stratégie

Nicolas Sarkozy entouré de militants lors de sa campagne pour prendre la tête de l\'UMP, le 24 novembre 2014, près d\'Angers.
Nicolas Sarkozy entouré de militants lors de sa campagne pour prendre la tête de l'UMP, le 24 novembre 2014, près d'Angers. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Lors d'une rencontre samedi avec des adhérents, Nicolas Sarkozy a dit vouloir lever "une armée de militants".

Tambours et trompettes. Samedi 13 décembre, UMP et PS se mettent en ordre de marche pour la prochaine présidentielle. Première étape, mobiliser et rassembler les troupes pour partir à la bataille. Les deux partis veulent un demi million de militants dans leurs rangs. A gauche et à droite, chacun sa stratégie.

Sarkozy veut lever une "armée de militants"

"Il faut reconstruire un parti de militants, je veux une armée de militants". Sur Twitter, Nicolas Sarkozy prend un ton martial. 

Ce tweet accompagne une rencontre qui a eu lieu devant plusieurs centaines de militants samedi. Le nouveau président de l'UMP a expliqué vouloir faire de sa formation "le parti le plus moderne de France" et réaffirmé son objectif de 500 000 adhérents UMP d'ici à 2017 (contre plus de 200 000 à jour de cotisation aujourd'hui).

Pour y parvenir, il a demandé à Laurent Wauquiez, secrétaire général du parti, de "fixer des contrats d'objectifs à chaque fédération" et "ceux qui les rempliront auront une part plus grande des cotisations", ont rapporté des participants. "Plus nous serons nombreux, plus nos adhérents seront représentatifs de la France dans son ensemble", a-t-il dit. L'UMP, ce doit être "le métro à 18 heures", avec "des ouvriers, des professeurs, des ingénieurs, des agriculteurs...".

Alors que l'UMP est toujours en convalescence après la guerre Copé/Fillon qui avait failli la faire imploser fin 2012, "la première chose, la plus urgente, est d'apaiser notre famille politique", a affirmé Nicolas Sarkozy, assurant vouloir "en finir avec les querelles d'ego". Devant le mécontentement manifesté par Nadine Morano ou Rachida Dati (absentes samedi matin) de ne pas faire partie de sa garde rapprochée, le président de l'UMP a lâché : "il n'était pas question de m'entourer de mes seuls fidèles. Quelques grincements ne comptent pas à mes yeux" car "même l'amitié longue avec moi n'est pas une garantie de garder ses responsabilités".  

"Il faut également repenser de fond en comble notre façon de faire de la politique", a-t-il dit, affirmant que "l'UMP n'a qu'une seule ligne politique", celle d'"occuper tout l'espace entre le PS et le FN". L'ancien président a clairement affirmé qu'il refusait tout accord avec le FN. "Je n'accepterai jamais aucun accord avec le FN, ni local, ni régional, ni national. Ceux qui se laisseraient aller à de tels accords, ils devront quitter le parti, ou on les en fera partir", a-t-il dit selon des participants. 

Le PS en cure de remise en forme

Le Parti socialiste veut poursuivre sa mue en s'attelant à sa réorganisation, qui va de la maison Solférino aux militants. Jean-François Cambadélis veut "ouvrir la maison" et faire du PS un "parti de masse" de 500 000 militants et de 1 à 1,5 million de sympathisants en 2017. Pour cela, il va changer le mode d'adhésion, considéré comme un "parcours du combattant", subordonné au bon vouloir de la section et marqué de forts délais d'attente. Désormais, chaque militant pourra faire adhérer plusieurs personnes. Le prix des cotisations, variable en fonction des revenus, est aussi à l'étude. Le PS compte 150 000 militants, dont seulement 60 000 à 70 000 à jour de cotisation, contre 170 000 fin 2013.

Nouvelle carte d'identité du PS voulue par Jean-Christophe Cambadélis, la "charte des socialistes pour le progrès humain", a été saluée par les socialistes samedi 8 décembre lors d'une journée consacrée, avec quelques centaines de militants et délégués, à la clôture des "états généraux des socialistes", processus de trois mois qui a abouti à ce texte. La charte se veut "la première étape", "réussie" de "la remise en forme de la maison socialiste", s'est alors félicité le premier secrétaire.

Mais l'unité n'est pas encore gagnée. Seuls un tiers avaient fait le déplacement et Marie-Noëlle Lienemann, membre de l'aile gauche du parti avait estimé que "tout le monde a bien compris que la charte, ce n'était pas un enjeu". Elle avait déploré à la fois les côtés "lénifiants" d'un texte où "c'est le monde des bisounours, on est pour la justice et pour l'égalité".

Le PS ambitionne par ailleurs d'être un parti plus transparent, plus connecté et plus efficace. Transparence, notamment dans le mode de fonctionnement des fédérations mais aussi sur les finances du parti. Un parti plus connecté pour les militants, qui pourront à partir de début 2015, suivre chaque jour sur internet "la minute du PS", diffusée depuis un studio TV spécialement conçu à cet effet au siège du parti. Il s'agira d'exposer la position du PS sur les sujets d'actualité. Quant à l'efficacité, le PS entend d'abord améliorer son système de communication.

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