Trois candidats à l'élection présidentielle aux "Assises du journalisme" de Poitiers

François Bayrou face à Nicolas Demorand lors des Assises du journalisme de Poitiers le 08/11/2011
François Bayrou face à Nicolas Demorand lors des Assises du journalisme de Poitiers le 08/11/2011 (CJ)

A l'occasion des "Assises internationales du journalisme" qui se sont tenues du 8 au 10 novembre à Poitiers, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou se sont confrontés aux journalistes en cette période de pré-campagne présidentielle.

A l'occasion des "Assises internationales du journalisme" qui se sont tenues du 8 au 10 novembre à Poitiers, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou se sont confrontés aux journalistes en cette période de pré-campagne présidentielle.

A six mois de l'élection présidentielle, les candidats sont venus se frotter à ceux avec qui ils vont avoir fort à faire pendant les prochaines semaines : les journalistes. Devant le parterre des "Assises internationales du journalisme" organisées à Poitiers, Eva Joly, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon ont répondu aux questions d'Edwy Plenel (Médiapart) et de Nicolas Demorand (Libération) en cette période clef de pré-campagne électorale.

Plus qu'un débat, ce fut un "show" où chaque candidat a donné le ton de sa campagne. François Bayrou a ouvert le bal par un vif échange avec Nicolas Demorand. Comme à son habitude, le président du MoDem a dénoncé "la manipulation des sondages" par certains médias. "Les sondages sont des armes dans la guerre psychologique", a-t-il déclaré. Une manière de relativiser leur portée aux yeux de l'électorat, étant donné que M. Bayrou n'est généralement crédité pour l'instant que de 6% d'intention de vote.

Fin connaisseur des médias et de leurs pratiques, le candidat centriste a affirmé "ne pas chercher la petite phrase", celle qui fait mouche, souvent reprise par plusieurs médias. "Je préfère des choses qui viennent de la profondeur même moins bien exprimées", a-t-il confié, tentant de se distinguer de ses concurrents en jouant la carte de l'authenticité. Se reconnaît-il dans un journal ? "La Croix est un très bon journal", a-t-il répondu. "J'ai moi-même songé à créer un journal, et je n'ai pas complètement abandonné cette idée...", a-t-il laissé entendre.

"Trop de proximité avec les politiques"

Eva Joly quant à elle, s'est inscrite dans une stricte posture présidentielle face aux journalistes, s'appuyant sur son expérience de magistrate, l'un de ses points forts dans la bataille pour la présidentielle, ainsi que sur sa qualité de femme. Grave et lunettes rouges vissées sur le nez, l'élue a évoqué "le principe du secret des sources violé au sein même de l'Etat".

Mme Joly a pointé la "trop grande proximité des hommes et des femmes politiques avec les journalistes". La candidate d'Europe Ecologie-Les Verts a également présenté les lois qu'elle ferait voter si elle était élue à la présidence de la République afin d'obtenir plus de transparence et de pluralité dans les médias. Droite dans ses bottes et dans sa campagne.

Jean-Luc Mélenchon, qui a souvent entretenu des rapports conflictuels avec les journalistes, a créé la surprise en transformant son débat face à Nicolas Demorand en "stand-up", voire en meeting politique. "J'ai le profil type pour les journalistes : la brute", a-t-il lancé depuis la scène, provoquant des rires dans l'auditoire. Le candidat du Front de gauche a rappelé qu'il a lui-même été journaliste, "pigiste permanent" plus précisément, avouant être "gourmands de médias".

"Le conformisme idéologique" des médias

Fidèle à sa ligne politique, il a néanmoins déploré le "conformisme idéologique" des médias qui "disent tous la même chose", rendant les difficiles conditions de travail et la précarité du métier responsables de ce phénomène. "Quand il faut manger, on fait son travail comme on peut", collant parfaitement aux idées défendues par son parti.

Avec un brin d'ironie, M. Mélenchon a même qualifié de "formidables" les pages internationales du Figaro, alors que les pages politiques de ce quotidien sont à l'opposé de ses valeurs.

Le candidat, situé à gauche de la gauche, a lui aussi profité de cette tribune pour livrer ses propositions en matière de médias en plaidant pour "une révolution citoyenne dans les médias", accompagnée d'un blocage des salaires "pour que personne ne gagne 20 fois plus que le plus bas salaire de l'entreprise."

Trois candidats, trois attitudes, trois lignes politiques. Face à ceux chargés d'observer et de retranscrire leur actualité dans la course présidentielle, ces trois candidats ont donné le la de ce que sera leur campagne pendant les six prochains mois.

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