Sortie du nucléaire : PS et EELV iront-ils jusqu'au blocage ?

François Hollande et Pierre Moscovici
François Hollande et Pierre Moscovici (MIGUEL MEDINA / AFP)

L'épisode de la primaire terminé, EELV et PS doivent reprendre leurs négociations sur un programme de gouvernement, dans la perspective de la présidentielle, et aussi sur le partage des circonscriptions aux législatives

L'épisode de la primaire terminé, EELV et PS doivent reprendre leurs négociations sur un programme de gouvernement, dans la perspective de la présidentielle, et aussi sur le partage des circonscriptions aux législatives

Cette semaine, des socialistes, proches de François Hollande, ont averti les écologistes qu'ils ne cèderaient pas à leur "diktat" sur la sortie du nucléaire notamment. Outre l'arrêt du projet de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) et l'adoption de la proportionnelle pour les élections, Europe Ecologie-Les Verts fait de la sortie du nucléaire la condition d'un accord avec le PS, censé aboutir fin novembre.

Depuis l'élection de François Hollande à la primaire socialiste, Eva Joly menace de ne pas participer à un gouvernement socialiste. En visite à Fukushima, la candidate EELV l'a répété : "pas d'accord de gouvernement" sans calendrier de sortie du nucléaire. "Et comme il n'y a pas de victoire de la gauche sans les écologistes, cela pose problème", a-t-elle dit, ne désespérant pas de rallier le PS à son point de vue. Les équipes de Martine Aubry et de Cécile Duflot avaient bien avancé sur le sujet depuis un an.

"Quelques points difficiles" reconnaît Hollande
Mercredi, le candidat PS, qui prône un passage de la part du nucléaire dans l'électricité produite de 75% à 50% d'ici 2025, a reconnu "quelques points difficiles" dans le travail "déjà bien engagé" entre les deux partis, mais souhaité "que personne ne préjuge du résultat" des négociations qui doivent débuter début novembre.

"Sur le fond, les points de vue sont plus proches qu'il n'y paraît", estime le député et confondateur de Pôle écologique du PS, Christophe Caresche. Il trouve la proposition Hollande "compatible avec une sortie du nucléaire" car elle prévoit "une montée en puissance des énergies renouvelables sans précédent". D'ailleurs, le sénateur Jean-Vincent Placé, conseiller de Mme Duflot, a dit "réserver quelques idées pour rendre compatibles certaines visions du candidat Hollande avec le programme (d'EELV)".

Quelles conséquences sur les législatives ?
Denis Baupin, négociateur EELV, est catégorique : "s'il faut renoncer à nos convictions pour avoir des députés, il n'y aura pas de députés, c'est clair". L'avis est plus nuancé du côté des écologistes. Pour David Cormand, secrétaire national aux élections à EELV, "il faut assumer une alliance à vocation majoritaire pour battre Nicolas Sarkozy sur un minimum de dénominateurs communs qui justifie une alliance aux législatives", mais "on ne peut pas accepter d'être dans un gouvernement si la sortie du nucléaire n'est pas actée".

L'ambition d'EELV est d'obtenir une trentaine de députés à l'Assemblée si la gauche gagne. Alors que le bureau national du PS a repoussé, mercredi, à fin novembre le dépôt des candidatures aux élections législatives, le sénateur André Vallini, proche de François Hollande, précise : le PS cèdera des circonscriptions mais "à la hauteur de ce que représentent" les Verts, "pas forcément à la hauteur de leurs attentes". Allusion aux derniers sondages qui créditent Eva Joly de 3% d'intentions de vote, qui n'inquiètent pas le parti.

Prenant le temps de passer en revue l'avancée des discussions avec les écologistes, François Hollande a dit souhaiter "un bon accord" et ce, "avant la fin de l'année". Mais, a-t-il prévenu, '"accord de gouvernement et accord éléctoral sur les circonscriptions son liés".

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