VIDEO. Simone Veil sur sa déportation à Auschwitz : "Au fond, les autres ne comprennent pas"

Simone Veil, le 25 janvier 2005 à Drancy (Seine-Saint-Denis).
Simone Veil, le 25 janvier 2005 à Drancy (Seine-Saint-Denis). (JEAN AYISSI / AFP)

L'ancienne ministre de la Santé avait évoqué ce sujet lors d'une interview en 2007 à la Radio Télévision Suisse (RTS).

"Non les autres ne comprennent pas." En 2007, Simone Veil avait évoqué, lors d'une interview à la Radio Télévision Suisse, la difficulté de parler de la déportation avec ceux qui ne l'avaient pas connue. Elle-même a été déportée à 16 ans dans le camp de concentration d'Auschwitz (Pologne), puis à Bergen-Belsen (Allemagne) où sa mère mourra, comme elle le rappelle dans son autobiographie, Une vie.

"En fait, c'est tout le temps là"

"Vous savez, j'ai un souvenir, comme ça. J'étais en Afrique du Sud avec Pierre Sudreau, qui a été déporté, très jeune comme résistant. Et puis, on est passé près d'un endroit, à l'époque, où les mineurs à la sortie de Johannesbourg étaient dans des sortes de camps, avec des barbelés. Il faisait tôt le matin. Il y avait de la fumée, des éclairages sur des barbelés. On s'est regardé, on s'est donné la main, on avait la même idée (...). En fait, c'est tout le temps là. Quelquefois une odeur, quelquefois une forme de froid. L'odeur du brûlé", raconte l'ancienne ministre de la Santé.

Le journaliste rappelle à Simone Veil qu'elle avait déclaré, à propos de sa déportation à Auschwitz : "Au fond, les autres ne comprennent pas. (...) Oui, confirme-t-elle, les autres ne comprennent pas du tout. Pas du tout."  Et elle explique que ses meilleurs amis, les seuls avec qui elle peut en parler "sont d'anciens déportés", qu'elle a "connus au camp".

Elle rappelle aussi que sa famille n'était "pas du tout" pratiquante", ni du côté de son père, ni du côté de sa mère, "depuis des générations". Mais, ajoute-t-elle, "et c'est là où il y a la marque de la Shoah, en même temps je tiens à ma judaïté et donc toute ma famille sait que je souhaite qu'il y ait un rabbin, à la fin." 

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