Des anti-IVG détournent le nom de Simone Veil : "Rien ne les arrête, pas même le respect le plus élémentaire"

Simone Veil, le 1er mai 1979 à Paris.
Simone Veil, le 1er mai 1979 à Paris. (AFP)

Un site internet intitulé "Forever Simone Veil" est en réalité utilisé pour diffuser des contenus des Survivants, un mouvement anti-IVG. Il a été mis en ligne mercredi, pendant l'hommage rendu à l'ancienne ministre aux Invalides.

L'initiative du mouvement anti-IVG ne passe pas. Au moment même où un hommage national était rendu à Simone Veil, mercredi 5 juillet, le collectif Les Survivants, auteur de plusieurs opérations anti-IVG, a mis en ligne un site internet se présentant comme un "webdocumentaire" promettant "la vérité" sur la dépénalisation de l'avortement. 

>> L'hommage rendu à Simone Veil aux Invalides en quatre vidéos

"Découvrez la vérité sur Simone Veil, celle d'une femme trahie dans ses intentions puisque sa loi n'existe plus tant elle a été modifiée et parce que la légalisation de l'avortement n'a pas amélioré la santé des femmes bien au contraire", est-il écrit sur la page d'accueil du site Simone Veil.com. S'il est assumé par Les Survivants ("On profite de sa mort pour faire réfléchir sur l'IVG", a expliqué le porte-parole du mouvement), ce détournement, du nom de cette figure emblématique du combat pour l'émancipation des femmes, rescapée de la Shoah, a fait réagir.

Invitée jeudi de RTL, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a fait part de son "mépris" concernant cette initiative. "Face à une grande dame, on s'aperçoit de la bassesse de certains qui sont capables effectivement de retourner à leur avantage son nom", a déploré la ministre. 

Son nom va être beaucoup utilisé maintenant, je le crains. Pour des causes qui ne sont pas forcément des causes qu'elles auraient défendues, je le regrette. Il faudra la protéger.Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santésur RTL

"Leur ignominie n’a d’égale que notre écœurement"

Fatima El Ouasdi, la fondatrice du mouvement féministe Politiqu'elles, à l'origine d'une pétition pour que l'ancienne ministre de la Santé entre au Panthéon et Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole de l'association Osez le féminisme, ont notamment fait part de leur indignation sur Twitter. "Rien ne les arrête, pas même le respect le plus élémentaire", a aussi regretté Osez le féminisme, dans un communiqué

"Leur ignominie n’a d’égale que notre écœurement. Ce collectif rajoute l’indignité à leur combat contre les droits des femmes et les troubles réguliers à l’ordre public qu’il provoque", écrit l'association. Osez le féminisne demande à ce que "les Survivants soient punis et empêchés dans leurs actions. Ne serait-ce qu’en leur retirant le statut d’association d’intérêt général."

Un internaute a, quant à lui, acheté le nom de domaine emile-duport.com, du nom du porte-parole des Survivants, qui renvoie désormais vers ivg.gouv.fr, site d'information du gouvernement au sujet de l'avortement.