Après la mort de Simone Veil, des opposants à l'avortement créent un faux site d'hommage pour diffuser leurs idées

Simone Veil, alors ministre de la Santé, défend à la tribune de l\'Assemblée nationale le projet de loi autorisant l\'IVG, le 26 novembre 1974.
Simone Veil, alors ministre de la Santé, défend à la tribune de l'Assemblée nationale le projet de loi autorisant l'IVG, le 26 novembre 1974. (AFP)

Le site internet s'intitule "Forever Simone Veil". En réalité, il est utilisé pour diffuser des contenus des Survivants, un mouvement anti-IVG.

C'est un site internet qui s'apparente à un hommage à Simone Veil. Sur la page d'accueil de simoneveil.com apparaît le visage, dessiné en bleu et rouge, de l'ancienne ministre de la Santé, connue pour avoir défendu la loi qui autorise l'avortement et morte le 30 juin à l'âge de 89 ans. Le style rappelle celui du street-artist Shepard Fairey, qui a notamment réalisé un portrait sérigraphié de Barack Obama en 2008. Puis le mot "Forever" ("Pour toujours") et "1927-2017", années de naissance et de mort de Simone Veil, sont inscrits en gros.

Pourtant, juste en-dessous, l'ambiguïté est levée. "Découvrez la vérité sur Simone Veil, celle d'une femme trahie dans ses intentions puisque sa loi n'existe plus tant elle a été modifiée et parce que la légalisation de l'avortement n'a pas amélioré la santé des femmes, bien au contraire", clame un message. Il est signé "Les Survivants".

"On profite de sa mort pour faire réfléchir sur l'IVG"

Ce mouvement, même s'il n'utilise pas cette expression, est anti-avortement. Le 23 juin, les Survivants avaient remplacé les publicités placardées sur les abribus du groupe JC Decaux à Paris par des affiches anti-IVG. Joint par franceinfo, le porte-parole de ce mouvement, Emile Duport, avait reconnu être l'auteur des visuels de cette campagne.

"On profite de [l]a mort [de Simone Veil] pour faire réfléchir sur l'IVG", assume Emile Duport, contacté par L'Express. Mais ce site de propagande anti-avortement n'a pas été créé dans la précipitation après la mort de Simone Veil. Il était en préparation depuis septembre 2016.

En effet, une première version du site était déjà en ligne depuis plusieurs mois, avec une adresse légèrement différente. "Si on l'avait fait de son vivant, on nous aurait accusés d'instrumentaliser Simone Veil", se justifie Emile Duport. Il invoque aussi une autre raison : "Améliorer le référencement du site." Il affirme ainsi à L'Express que 7 000 visites ont été enregistrées dans le premier quart d'heure de mise en ligne.

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