Ségolène Royal annonce que le gouvernement envisage de "mettre fin à ses fonctions" d'ambassadrice des pôles

Ségolène Royal à Paris, le 19 avril 2017.
Ségolène Royal à Paris, le 19 avril 2017. (JULIEN MATTIA / NURPHOTO)

L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle est au coeur d'une polémique depuis une enquête de la cellule investigation de Radio France, qui avait notamment révélé qu'elle ne s'était jamais rendue au Conseil de l'Arctique. Elle a par ailleurs multiplié récemment les attaques contre la politique du gouvernement.

Des avertissements puis un limogeage. Selon Le Parisien et Le Canard enchaîné, mardi 14 janvier, Ségolène Royal a trouvé il y a quelques jours dans sa boîte aux lettres un courrier provenant du ministère des Affaires étrangères (son autorité de tutelle) préalable à la fin de ses fonctions d'ambassadrice en charge des pôles

"Ils veulent que je démissionne, mais je ne démissionnerai pas. Je remplis mes fonctions. Qu'ils prennent leurs responsabilités !" a rétorqué l'ancienne candidate à la présidentielle au Parisien. Sur Twitter, elle précise toutefois "le licenciement de cette mission bénévole a déjà eu lieu.... Voir lettre sur FB. Je remercie et salue le travail remarquable des équipes et des scientifiques et la passion partagée."

Vers une candidature en 2022 ?

Ségolène Royal, nommée ambassadrice des pôles en juillet 2017, est au coeur d'une polémique depuis une enquête de la cellule investigation de Radio France, qui avait notamment révélé qu'elle ne s'était jamais rendue au Conseil de l'Arctique. Et que certains de ses collaborateurs, payés par de l'argent public pour l'aider dans sa mission d'ambassadrice des pôles, l'accompagnaient dans des missions qui n'avaient rien à voir avec les régions polaires.

Par ailleurs, l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle a multiplié récemment les attaques contre l'exécutif, publiant en décembre des tweets critiquant le pouvoir sur les pesticides, la réforme des retraites, ainsi que la proximité d'Emmanuel Macron avec "le monde du business mondialisé". Le 12 janvier, la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, a lancé un ultimatum à l'anciene candidate à la présidentielle, la sommant de "faire un choix" si elle veut garder sa fonction impliquant un "devoir de réserve".

"Elle continuera à dire ce qu'elle pense"

"S'ils croient que leur menace va la faire taire, ils se trompent. S'ils veulent limoger une femme d'Etat, libre de sa parole, qu'ils le fassent. Elle continuera à dire ce qu'elle pense de l'état du pays et des solutions qu'elle peut apporter", a rétorqué le député PS Luc Carvounas, un de ses fervents soutiens, au Parisien.

Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas rendu public ce courrier ? Pour éviter de lui donner l'occasion de se "poser en victime", affirme une source gouvernementale au Parisien"Macron est très emm… é. Il l'a nommée en pensant l'acheter, et maintenant, elle lui rentre dans le lard. Il doit vite la sortir, avec le risque de l'instituer comme adversaire pour 2022", estime un député de la majorité au quotidien. Plusieurs sources de la majorité estiment que Ségolène Royal envisagerait d'ailleurs une nouvelle candidature à la présidentielle.

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