Sarkozy dément tout boycott européen de Hollande

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Le président-candidat affirme n’avoir jamais parlé de son rival socialiste avec les dirigeants conservateurs européens alors que la polémique gonfle en France. Ce week-end, l’hebdomadaire allemand Der Spiegel affirmait que les chefs de gouvernement allemand, britannique, italien et espagnol s’étaient mis d’accord pour ne pas recevoir François Hollande pendant la campagne présidentielle en raison de sa mise en cause du dernier traité européen.

Nicolas Sarkozy affirme qu’il n’a "jamais parlé" avec ses homologues européens du fait de savoir s'ils pouvaient ou non recevoir François Hollande. "Les dirigeants, vous ne croyez pas qu'ils ont autre chose à faire que de faire des pactes ou des choses comme ça?" , demande le chef de l’Etat. Avant de lancer une petite perfidie en direction de son adversaire. Quand "on ne se déplace pas, qu'on ne voyage pas, qu'on ne voit pas ce que font les autres, c'est beaucoup plus difficile d'analyser les problèmes et de comprendre leur réalité".

Démentis espagnol et italien

Rome a démenti que le président du conseil se soit mis d’accord avec d’autres dirigeants européens. "Le chef du gouvernement Mario Monti n'appartenant à aucun parti politique, il se garde bien de se mêler de politique italienne, encore moins de la politique d'autres pays" , selon des sources gouvernementales italiennes.
A Madrid, c’est le Premier ministre Mariano Rajoy qui dément personnellement : "Que j'ai pu dire que je ne recevrai pas M. Hollande, cela est faux".

Justification allemande

Après avoir démenti ce week-end les informations du Spiegel, le gouvernement allemand justifie et défend aujourd’hui le soutien affiché d'Angela Merkel à Nicolas Sarkozy. Il rappelle que les deux dirigeants font partie de la même famille conservatrice. Il rappelle aussi que François Hollande est venu soutenir l'opposition social-démocrate allemande SPD à la fin de l’an-dernier.

Irritation en France

Dans la classe politique française, cette affaire provoque une certaine irritation.

Au PS, même si François Hollande affirme ne pas accorder une "importance considérable" à cette polémique, certains s’insurgent comme l’un des porte-parole du PS, Bernard Cazeneuve. Il y voit le "recroquevillement des conservatismes face au mouvement
des peuples".

Au MoDem, François Bayrou affirme que la seule "bénédiction" qui compte est celle "des citoyens français" . Et de rappeler que pour lui, "l'élection présidentielle, cela se passe en France".  
A droite, le leader souverainiste Nicolas Dupont-Aignan exprime
Son indignation sur France Info : "Ils (les dirigeants politiques européens, ndlr) veulent dicter leur loi aux français ; on n’a pas vu ça depuis l’ancien régime. C’est une ingérence inacceptable !".

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