Remaniement : ce qu'il faut retenir du nouveau gouvernement

Le président de la République, Emmanuel Macron, et le Premier ministre, Edouard Philippe, se rendent à l\'ambassade de Grande-Bretagne, à Paris, le 22 mai 2017.
Le président de la République, Emmanuel Macron, et le Premier ministre, Edouard Philippe, se rendent à l'ambassade de Grande-Bretagne, à Paris, le 22 mai 2017. (MAXPPP)

Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée, a annoncé, mardi, les noms des nouveaux entrants au gouvernement. 

Ce devait être un remaniement technique, selon les mots du porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. C'est finalement un remaniement de grande ampleur après les départs des ministres Richard Ferrand, Sylvie GoulardFrançois Bayrou et Marielle de Sarnez. Mercredi 21 juin, Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée, a dévoilé les noms des nouveaux ministres. Onze personnalités, de droite, de gauche ou venant de la société civile font ainsi leur entrée dans ce gouvernement Philippe II.

>> La composition complète du nouveau gouvernement

Qui entre au gouvernement ? 

Ils sont onze petits nouveaux à avoir été appelés au gouvernement d'Edouard Philippe. Et à des postes importants. L'ex-élue locale PS et membre du Conseil constitutionnel Nicole Belloubet récupère le portefeuille de François Bayrou à la Justice, tandis que Florence Parly, directrice générale de SNCF Voyageurs, est nommée ministre des Armées. Elle n'est pas novice en politique puisqu'elle a été secrétaire d'Etat au Budget du gouvernement socialiste de Lionel Jospin entre 2000 et 2002. Stéphane Travert, député socialiste sortant de la Manche, prend le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, tandis que Nathalie Loiseau, directrice de l'ENA, est nommée ministre chargée des Affaires européennes à la place de Marielle de Sarnez.

Plusieurs représentants des Républicains et du MoDem font aussi leur entrée, parmi lesquels Jean-Baptiste Lemoyne, premier parlementaire LR à avoir rallié Emmanuel Macron, qui est nommé secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères. Sébastien Lecornu, proche de Bruno Le Maire, partagera le secrétariat d'Etat auprès du ministre de la Transition énergétique avec Brune Poirson, qui a repris dimanche la circonscription de Marion Maréchal-Le Pen dans le Vaucluse. Membre du MoDem, Geneviève Darrieussecq devient secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées. Autre membre du MoDem, la sénatrice du Loir-et-Cher Jacqueline Gourault est nommée ministre auprès du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb.

Des personnes très proches du chef de l'Etat sont aussi récompensées. Collaborateur de la première heure d'Emmanuel Macron et membre de la bande de jeunes technos qui l'ont accompagné dans son ascension, Julien Denormandie est nommé secrétaire d'Etat auprès du nouveau ministre de la Cohésion des territoires, le radical de gauche Jacques Mézard. Benjamin Griveaux, un des plus proches d'Emmanuel Macron, et qui était pressenti pour prendre la tête du parti créé par le président, a été nommé secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire.

Qui monte en grade ? 

Ministre de l'Agriculture dans le premier gouvernement, Jacques Mézard récupère le tentaculaire ministère de Richard Ferrand, à la Cohésion des territoires. Le sénateur du Cantal devra s'occuper de sujets aussi vastes et divers que le logement, la politique de la ville, l'aménagement du territoire et les collectivités territoriales. C'est sans doute ce dernier sujet que l'élu maîtrise le mieux. Depuis 2014, il était vice-président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation.

La parité est-elle respectée ?

Oui. En comptant le Premier ministre Edouard Philippe, il y a 15 hommes et 15 femmes dans ce gouvernement. L'équilibre est également respecté parmi les ministres de plein droit : 8 femmes pour 7 hommes. Mais les principaux postes du gouvernement restent masculins : le Premier ministre et les deux ministres d'Etat, Gérard Collomb et Nicolas Hulot.

L'équilibre des forces est-il modifié ? 

Le grand perdant de ce remaniement est sans doute le MoDem. Il passe de trois ministères à deux avec Jacqueline Gourault et Geneviève Darrieussecq. Pire, le parti centriste perd un ministre d'Etat qui occupait une fonction régalienne, la Justice, la ministre des Armées et la ministre déléguée aux Affaires européennes pour se retrouver avec une ministre déléguée et une secrétaire d'Etat dont on ne connaît pas encore les attributions exactes. 

A l'inverse, l'aile droite du gouvernement accueille deux nouveaux membres, avec Sébastien Lecornu et Jean-Baptiste Lemoyne. La République en marche n'est pas en reste, avec quatre nouveaux ministres : Stéphane Travert, Brune Poirson, Julien Denormandie et Benjamin Griveaux. Du côté de la gauche, on note les arrivées de Florence Parly et de Nicole Belloubet. Enfin, Nathalie Loiseau, qui dirigeait la prestigieuse école d'administration, rejoint les ministres issus de la société civile.

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