Comment la réforme territoriale a fait augmenter les dépenses de personnel des régions

En harmonisant les régimes de leurs agents, cinq des sept nouvelles régions fusionnées verront leurs dépenses augmenter d\'environ 40 millions d\'euros par an. 
En harmonisant les régimes de leurs agents, cinq des sept nouvelles régions fusionnées verront leurs dépenses augmenter d'environ 40 millions d'euros par an.  (MAXPPP)

La mise en place de la réforme territoriale entraîne l'harmonisation par le haut des régimes indemnitaires des agents dans cinq collectivités qui ont été fusionnées. Le coût est estimé à 40 millions d'euros par an par "Les Echos".

"Le coût des fusions des régions est en train de déraper", s'alarme le journal Les Echos, dans son édition du mercredi 7 février. Alors que la nouvelle carte des régions (passées de 22 à 13) est entrée en vigueur en janvier 2016, le gouvernement de Manuel Valls affichait alors l'objectif de réaliser de substantielles économiesDeux ans plus tard, la note s'avère salée. Cinq régions (sur sept qui ont fusionné) ont en effet harmonisé les rémunérations de leurs agents, ainsi que les temps de travail et l'action sociale. Résultat : "Les charges de personnel [vont augmenter] d'une quarantaine de millions d'euros par an, selon les estimations des collectivités concernées", écrivent Les Echos.

De fortes disparités entre régions voisines

Pourquoi une telle augmentation ? Les cinq régions ont signé un accord pour l'alignement des régimes indemnitaires par le haut – les Hauts-de France et la Normandie n'ont pas encore signé d'accord, en raison de l'opposition des employés. Le quotidien économique explique qu'il existe parfois de fortes disparités entre les régions : ainsi, il peut y avoir jusqu'à 300 euros par mois d'écart de rémunération entre un agent de lycée en Basse-Normandie et son homologue en Haute-Normandie.

Dans la région Grand-Est, l'écart peut aller jusqu'à 70% entre mêmes agents de Lorraine et d'Alsace. En contrepartie de ces accords favorables aux agents des régions fusionnées, les exécutifs locaux ont par ailleurs imposé de ramener le temps de travail à 1 607 heures par an, "la durée légale qui n'était souvent pas respectée", précisent Les Echos. D'autres régions ont aussi supprimé des jours de congés ou mis en place le non-remplacement de départs en retraite.