François de Rugy veut "libérer les Français de la consommation de pétrole"

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Lors des questions au gouvernement ce jeudi au Sénat, le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a réaffirmé qu’il "assumait la convergence fiscale entre l’essence et le diesel". Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a quant à lui assuré de sa "volonté de réarmer les forces de sécurité".

"Vous êtes le chef d’orchestre d’une fiscalité punitive" accuse le sénateur LR Jean-François Husson. Lors des questions au gouvernement au Sénat, jeudi, il s’en est pris à François de Rugy, qu’il accuse de mener une "politique confiscatoire" en augmentant la taxe carbone sur le diesel, pour assurer la Transition écologique dont il a la responsabilité. Le ministre "assume" et rappelle les "48 000 morts par an en France, du fait de la pollution de l’air". Par cette taxe, François de Rugy espère "libérer les Français de la consommation de pétrole, et de diesel en particulier". Mais Jean-François Husson, lui, voit plutôt là une manière de plomber "les Français n’habitant pas en métropole, à qui le carburant permet d’aller au travail". "Ils ne méritent pas d’être assignés à résidence !" clame le sénateur. Et de souligner que "80% territoire n'est pas, peu ou mal desservi par une offre de transport alternative à la voiture".

En réponse, le ministre de la Transition écologique et solidaire met en avant les mesures prises en faveur des plus précaires pour compenser la hausse des taxes, à commencer par la prime à la conversion : "La prime à la conversion ne rate pas sa cible : 70% des automobilistes qui changent de voiture sont des ménages non imposables, et 80% véhicules mis à la casse sont des véhicules diesel." Pas de quoi convaincre Jean-François Husson, pour qui il s’agit de « mesures de circonstances en réaction à la colère des Français". "En marchant sur la tête vous voulez rouler les Français dans la farine", conclut-il.

« Des forces de sécurité dans un état très inquiétant »

Quelques jours après le suicide d’un gendarme dans les jardins de Matignon, le ministre de l’Intérieur a, lui, été interrogé sur l’état des forces de sécurité. "Des forces de sécurité dans un état très inquiétant" déplore Henri Leroy. Le sénateur LR des Alpes-Maritimes souligne que "la vague de suicides se poursuit comme un appel au secours". Fraîchement arrivé place Beauvau, Christophe Castaner déroule le programme de son ministère, et notamment  un budget en augmentation de 3,5% en 2019 même si "cela ne suffit pas pour régler tous les problèmes", et le recrutement de 2500 personnes supplémentaires dans les forces de l’ordre. "L’effort sera poursuivi l’année suivante : sur le quinquennat, nous voulons recruter 10 000 gendarmes et policiers supplémentaires", rappelle également le premier flic de France.  

Au-delà des recrutements, le ministre de l’Intérieur veut mettre en place un "plan d’actions majeur dans l’immobilier" et renforcer et rénover les équipements des forces de l’ordre. "Nous avons l’exigence que jamais aucun incident ni aucune violence contre nos forces de sécurité ne soit acceptable." assure-t-il enfin. "N’oubliez pas d’entendre votre prédécesseur qui disait : "Aujourd’hui les Français sont côte-à-côte, demain face-à-face ne semez pas faiblesse vous récolterez la violence." " rétorque Henry Leroy.

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