Crise à la Réunion : "Des opérations de déblocage sont en cours, elles vont se poursuivre avec fermeté" selon Annick Girardin

Interrogée par le sénateur de la Réunion, Jean-Louis Lagourgue, sur la situation à l’île depuis ce week-end, Annick Girardin, ministre des Outre-mer, assure que "des opérations de déblocage sont en cours" et qu’ "elles vont se poursuivre avec fermeté".

Lors des questions au gouvernement au Sénat, Annick Girardin, la ministre des Outre-mer, a répondu au sénateur (les Indépendants) de la Réunion, Jean-Louis Lagourgue, l’interrogeant sur les moyens que le gouvernement comptait employer pour sortir la Réunion de cette crise, de façon pérenne : "En matière de sécurité, nous apportons une réponse juste et une réponse mesurée (…) Pour le maintien de l’ordre, des moyens considérables ont été mobilisés et j’en appelle au respect de nos valeurs républicaines. Des opérations de déblocage sont en cours, elles vont se poursuivre avec fermeté".

Et la ministre poursuit : "Au-delà de cette réponse (…) nécessaire et immédiate, il faut entendre le malaise profond des Réunionnais (…) [Ils] ont peur pour leur avenir, pour leurs enfants (…) Nous devons collectivement leur apporter une réponse. Nous avons pris nos responsabilités, proposé des actions concrètes dans le livre Bleu [qui contient les travaux réalisés lors des Assises des Outre-mer - NDLR] qui seront mises en action dès 2019, mais notre mission à tous, est de permettre aux Réunionnais de retrouver confiance. Confiance en leur territoire, confiance en leur institution, confiance en leur avenir".

C'est ensuite le sénateur LR Mathieu Darnaud qui a interpellé le ministre chargé des Relations avec le Parlement Marc Fesneau : "L’an 1 du nouveau monde a vu l’avènement de la Conférence nationale des territoires" et pointe les dysfonctionnements de la CNT, qui reste selon lui "une œuvre inachevée". Le but était de bâtir un pacte de confiance avec les élus. 

En septembre, les élus ont lancé L'appel de Marseille pour les libertés locales. Pour le sénateur, "cet appel est resté sans réponse sauf un catalogue de bonnes intentions". Le président s’était engagé à "venir chaque année rendre des comptes", or, il n’en a rien été. Il rappelle le chiffre de l’étude du Cevipof sur les maires de France : la moitié des édiles se déclare prête à abandonner tout mandat à l’horizon 2020. Le sénateur conclut : "Le candidat voulait changer le personnel politique, le Président pourrait être comblé".

"Le Président a dit qu’il rendrait des comptes et c’est ce qu’il a fait"

Dans sa réponse, Marc Fesneau est revenu sur la critique de l’absence d’Emmanuel Macron face au Congrès des maires. Pour lui, " le Président a dit qu’il rendrait des comptes et c’est ce qu’il a fait". Le fait de recevoir les maires à l’Élysée est "un exercice de dialogue direct, loin d’un simple discours qui ne prête pas au dialogue". 

Selon lui, l’exercice a été salué par tous les maires présents. La CNT devait être un lieu de dialogue entre l’État et les collectivités. Il reconnaît que "pour l’instant, elle n’a pas fonctionné". Il considère qu’il faut construire une routine de dialogue.

Pour cela, il propose deux formats : un format complet, présidé par le Premier ministre et un format restreint, présidé par la ministre de la Cohésion des territoires. En plus, se tiendront des groupes thématiques pour aborder des sujets précis. Le ministre reconnaît "le besoin de dialoguer, à la fois des maires et des citoyens". 

Il conclut : "Il n’y aurait rien de pire que l’État et les collectivités cessent de dialoguer car personne ne le comprendrait". Mathieu Darnaud réplique en demandant au ministre "d’arrêter la mystification et d’arrêter de dire que tout est sur la table". Pour lui, il est temps de passer aux actes. Il exhorte le gouvernement à " prendre ses responsabilités, comme les élus ont pris les leurs dans les 30 propositions pour revitaliser les communes.".Il termine sa prise de parole par ces mots : "A vous de prendre vos responsabilités, à vous d’agir !"  

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