Quand la fête du travail devient, malgré elle, un enjeu électoral

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A Nicolas Sarkozy qui veut célébrer le "vrai travail" le 1er mai, François Hollande répond qu'il ne veut pas "une fête des uns contre les autres". Jean-Luc Mélenchon, lui, dénonce le "signal d'une tonalité d'affrontements avec les syndicats".

"Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille" , a annoncé ce matin Nicolas Sarkozy.

L'entre-deux tours a démarré sur les chapeaux de roues. Car l'annonce n'est pas si anodine qu'il n'y paraît : célébrer le travail un 1er mai, quoi de plus normal ? Sauf que cette fête est, traditionnellement, celle des syndicats.

Il faut alors se souvenir de la défiance de Sarkozy à l'égard des "corps intermédiaires" - les syndicats - à qui il n'a jamais pardonné de ne pas l'avoir suivi dans la réforme des retraites.  Il a ainsi, plusieurs fois, accusé la CGT et la CFDT de "faire de la politique" plutôt que de "défendre les intérêts des salariés" .

Réplique immédiate de la CFDT, qui juge "inquiétante" la tentative de responsables politiques de "s'autoproclamer uniques représentants des travailleurs" .

Jean-Luc Mélenchon a mis les pieds dans le plat : Sarkozy, dit-il, entre "dans une période de radicalisation du combat" . Ses propos ont, selon lui, donné "un signal d'une tonalité d'affrontements avec les syndicats" .

Pas d'une fête "des uns contre les autres"

La réponse de l'autre qualifié au second tour, François Hollande, est arrivée quelques heures plus tard. "Cela voudrait dire qu'il y aurait un faux travail en France, qu'il y aurait finalement une opposition à organiser  entre les travailleurs eux-mêmes, ou entre les travailleurs et  les chômeurs, ou entre les travailleurs et les assistés ? Non. S'il y a eu la fête du travail, c'est parce qu'il y a eu des hommes et des femmes qui voulaient se réunir."  Bref, pas question, pour le candidat socialiste, d'une "fête des uns contre les autres" .

L'histoire ne s'arrête pas là. Nicolas Sarkozy a répondu, encore un peu plus tard, par l'ironie : "je ne savais pas que le 1er mai avait été privatisé par le parti socialiste" ...

Le problème, c'est que cette pique - la privatisation d'un événement - a déjà été utilisée, par le passé, à l'encontre du Front national qui, chaque 1er mai, rend hommage à Jeanne d'Arc... Et si toute cette polémique, finalement, ne visait pas, de la part du président sortant, une fois encore, à reconquérir quelques voix perdues à l'extrême-droite ?

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