Primaire de la gauche : la défense de son bilan donne "une certaine stature" à Manuel Valls, selon le politologue Laurent Bouvet

Manuel Valls lors du deuxième débat de la primaire de la gauche, le 15 janvier 2017.
Manuel Valls lors du deuxième débat de la primaire de la gauche, le 15 janvier 2017. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

Les candidats à la primaire de la gauche ont débattu pour la deuxième fois dimanche. Pour le politologue Laurent Bouvet, les attaques des autres candidats envers Manuel Valls lui ont donné "une certaine stature".

Le deuxième débat de la primaire de la gauche a eu lieu dimanche 15 janvier. Un débat un peu plus animé que le premier dans lequel l'ancien Premier ministre Manuel Valls a dû défendre son bilan, notamment sur la gestion des migrants et sur la question de la laïcité. Laurent Bouvet, politologue, professeur de sciences politiques à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, a estimé lundi 16 janvier sur franceinfo que les critiques des autres candidats à son encontr obligent Manuel Valls à assumer "la politique de la France" et lui donne "une certaine stature".

franceinfo : Comment avez-vous trouvé ce deuxième débat ?

Laurent Bouvet : Les différents candidats se sont à nouveau neutralisés même s'il y a eu des passes d'armes, ce qui était prévu. Des échanges un peu plus vifs sur l'Europe, sur les migrants, la laïcité. Il n'y a pas de candidat qui se dégage. Aucun n'a dominé le débat, ni s'est imposé de lui-même. Manuel Valls, qui assume totalement ce qui a été fait, la politique de la France, a été attaqué par les autres candidats pour se démarquer notamment du bilan de François Hollande. Cela le met dans une situation difficile mais, en même temps, cela lui donne une certaine stature.

Cela pourrait-il être bénéfique à Manuel Valls ?

Aux yeux des Français et, notamment, des sympathisants de gauche, prêts à aller voter à cette primaire, cela le met dans une position un peu particulière, un peu détachée et cela n'est pas forcement mauvais. Cela peut l'assurer d'être présent aux second tour de cette primaire, même s'il y a une incertitude pour le second tour.

Comment jugez-vous la campagne de Benoît Hamon ?

Sur un programme innovant, avec le revenu universel et la dépénalisation du cannabis, il a cette capacité à décaler des propositions. La question qui se pose, c'est le côté réalisable et possible en vue d'une présidentielle. Les gens se disent qu'il est convaincu, qu'il est très à l'aise, qu'il fait une bonne campagne, mais est-ce que ce programme est un programme pour un président de la République ?

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