"Le 49.3 peut être utile", juge Bernard Cazeneuve

Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, le 23 décembre 2016 à Paris.
Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, le 23 décembre 2016 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le Premier ministre prend le contrepied de Manuel Valls, qui souhaite la suppression de cet article permettant de faire passer un texte en force au Parlement.

Il ne partage pas l'avis de son prédécesseur à Matignon. Dans une interview au JDD, samedi 31 décembre, Bernard Cazeneuve juge "utile" l'article 49.3 de la Constitution, qui permet de faire passer un texte sans vote à l'Assemblée nationale. "Au risque d'être démodé, je considère que le 49.3 peut être utile. Pour qu'il le soit, son usage doit être modéré", déclare le Premier ministre, prenant le contrepied de Manuel Valls, candidat à la primaire de la gauche, qui avait affirmé il y a deux semaines vouloir le "supprimer purement et simplement, hors textes budgétaires", même s'il l'a lui-même utilisé alors qu'il était Premier ministre.

Dans cette interview, Bernard Cazeneuve exprime en revanche des regrets sur la tentative d'inscription dans la Constitution de la déchéance de nationalité. "J'ai le même sentiment que le président de la République", assure-t-il, alors que François Hollande avait regretté, le 1er décembre, avoir proposé cette mesure après les attentats du 13 novembre 2015.

Il ne soutient personne à la primaire de la gauche

Alors que la campagne pour la primaire de la gauche va battre son plein au mois de janvier, Bernard Cazeneuve se refuse à soutenir l'un des candidats en lice. "Je dois consacrer toute mon énergie au gouvernement du pays et ne pas me laisser distraire. Je suis chef de la majorité et garant de son unité par-delà les primaires. Cela m'oblige à une certaine réserve", déclare-t-il.

Enfin, le Premier ministre dément les rumeurs selon lesquelles il arrêterait la politique après son bail à Matignon : "Tout ce qui me concerne et qui n'est pas confirmé par moi est inexact. Je n'ai jamais annoncé que j'allais arrêter la politique, j'ai simplement indiqué que mon engagement pourrait prendre d'autres formes."