Giflé, enfariné, boudé... Trois moments difficiles dans la campagne de Manuel Valls

Manuel Valls, le 12 janvier 2017, lors du premier débat entre les candidats à la primaire de la gauche.
Manuel Valls, le 12 janvier 2017, lors du premier débat entre les candidats à la primaire de la gauche. (PHILIPPE WOJAZER / AFP)

L'ex-Premier ministre, candidat à la primaire de la gauche, a été giflé par un jeune homme, mardi 17 janvier, lors d'un déplacement à Lamballe (Côtes-d'Armor).

Une campagne agitée. L'ex-Premier ministre Manuel Valls, candidat à la primaire de la gauche depuis le 5 décembre 2016, a connu des moments difficiles. Le dernier en date a eu lieu mardi 17 janvier, lors d'un déplacement de l'ex-Premier ministre dans la petite ville de Lamballe (Côtes-d'Armor).

Franceinfo revient sur ce moment, et sur deux autres, qui ont marqué la campagne du candidat.

1Giflé en Bretagne par un jeune homme

Manuel Valls sort de la mairie de Lamballe. Il n'est pas seul : à ses côtés se trouve le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Il y a aussi, comme d'habitude, son service d'ordre. Le candidat à la primaire de la gauche s'avance et serre les mains des personnes placées à sa droite, le long d'une barrière. Certaines l'applaudissent. Un grand jeune homme aux cheveux bouclés, vêtu d'un gilet violet, lui serre la main. Et puis, soudain, il s'avance et le gifle.


Un membre du service de sécurité plaque aussitôt au sol le jeune homme, qui tombe en même temps que la barrière métallique. Jean-Yves Le Drian demande : "Ça va, Manuel ?" Puis il s'engouffre avec lui dans leur voiture stationnée à quelques mètres de là. 

Peu après, Manuel Valls a réagi à l'incident devant la presse : "Je ne suis pas venu parler de moi. Il y a toujours des individus qui veulent empêcher la démocratie de s'exprimer." Remis à la gendarmerie de Lamballe par le service de sécurité de l'ancien Premier ministre, le jeune homme a été placé en garde à vue.

Manuel Valls devait initialement se rendre en Bretagne lundi. C'est, officiellement, parce que le ministre de la Défense avait un empêchement que le meeting du candidat prévu à Rennes a été reporté. "Officieusement, le meeting de l'ancien Premier ministre s'annonçait particulièrement risqué", indiquait Le Point le 10 janvier. Car de nombreux opposants à la loi Travail avaient annoncé sur Facebook leur intention de contester la venue de Manuel Valls sous la forme d'une "Farine Party". Un clin d'œil à son enfarinage à Strasbourg.

2Enfariné à Strasbourg par un opposant au 49.3

Car la loi Travail lui colle à la peau, et la farine aussi. Le 22 décembre, vers 14 heures, Manuel Valls s'avance vers un café, où il doit rejoindre des élus de gauche et des sympathisants. Cette fois, à ses côtés, se trouvent son épouse, la violoniste Anne Gravoin, et le maire socialiste de la ville, Roland Ries.

Soudain, un homme vide un sac de farine sur la tête et le manteau de l'ex-Premier ministre. "49.3 on n'oublie pas ! On n'oublie pas !", lance l'individu. Une référence à l'article 49.3 de la Constitution, que Manuel Valls a utilisé six fois pour faire adopter la loi Macron puis la loi Travail sans le vote des députés. Et qu'il a annoncé vouloir supprimer une fois en campagne.

L'auteur de l'enfarinage, un homme d'une trentaine d'années, est immédiatement interpellé. "C'est un bon présage. C'était de la farine sans gluten, donc j'apprécie l'attention", ironise Manuel Valls à la sortie du café. "C'est les joies de la campagne. N'en faites pas des tonnes, sinon vous risquez vous aussi d'en recevoir", lance-t-il sur le ton de la blague aux journalistes.

3Boudé à Clermont-Ferrand

Trois semaines plus tard, Manuel Valls est moins jovial. Le Premier ministre est, cette fois, en déplacement dans le Puy-de-Dôme. Agacé par une question sur les difficultés de son début de campagne, il critique vertement la presse. "Ne brûlez pas les étapes, respectez les étapes et respectez les Français, déclare-t-il aux journalistes. La primaire, c'est une élection directe par les Français, comme l'élection présidentielle, ce n'est pas joué." Puis de conclure : "Il n'y a qu'un juge de paix. Ce n'est pas vous, ce n'est pas moi, ce sont les Français."

Et des Français, il y en a peu ce 10 janvier au soir pour l'écouter. Quelque 200 à 300 personnes assistent à sa réunion publique dans un gymnase à moitié vide, à Clermont-Ferrand. Trois jours plus tôt, l'ancien ministre de l'Economie et également candidat à la présidentielle Emmanuel Macron avait rempli la grande halle d'Auvergne, avec plus de 2 000 personnes. Des journalistes font le parallèle.


Lors du discours de l'ex-Premier ministre, des salves d'applaudissements se succèdent, mais sans ferveur. "C'était un peu plan-plan. Je n'ai rien à reprocher à Manuel Valls mais j'ai senti la foule pas très dynamique. Ça manquait de chaleur", confie une spectatrice, Denise, à la sortie de la salle.

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