La droite embarrassée par les attaques contre Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud Belkacem, ici à l\'Elysée le 3 septembre 2014, est devenue la cible privilégiée d\'une partie de la droite et de l\'extrême-droite.
Najat Vallaud Belkacem, ici à l'Elysée le 3 septembre 2014, est devenue la cible privilégiée d'une partie de la droite et de l'extrême-droite. (ALAIN JOCARD / AFP)

Face à la multiplication de propos racistes ou sexistes visant la ministre de l'Education, certains élus de l'opposition s'indignent, quand d'autres tentent de minimiser les faits.

Depuis son arrivée à la tête du ministère de l'Education, mardi 26 août, les attaques se sont multipliées contre Najat Vallaud-Belkacem. Alors que le conseiller municipal UMP de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) Franck Keller publiait le 1er septembre un tweet polémique sur sa nomination, le magazine conservateur Valeurs Actuelles la qualifie d'"ayatollah" en couverture de son numéro du 3 septembre.   

A droite, certains élus embarrassés par ces attaques s'indignent, quand d'autres tentent de minimiser les faits.

Ceux qui s'insurgent

Plusieurs cadres de l'UMP ont jugé intolérables les attaques personnelles effectuées contre la ministre de l'Education. "On doit attaquer sur les idées, jamais sur la personne, ce sont des réactions rapides et primaires", rappelle l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, cité par Le Figaro"C'est le summum de la beaufitude absolue, ça fait honte à toute la classe politique !, renchérit le député des Hauts-de-Seine Thierry Solère, en réaction au tweet sexiste de Franck Keller. On n'entend pas l'UMP se démarquer de certains propos nauséabonds, on aurait intérêt à le faire."

Mêmes réactions à l'UDI, où plusieurs élus se disent outrés par les propos tenus à l'égard de Najat Vallaud-Belkacem. "Les attaques ignobles contre la ministre de l'Education nationale sont le signe inquiétant du délitement de l'esprit républicain", a notamment réagi Yves Jégo sur Twitter, qualifiant la situation d'"inadmissible".

Ceux qui justifient

D'autres tentent de trouver des explications à ce déferlement de commentaires sexistes ou racistes. "Sa nomination a été vécue comme une provocation. Qu'il y ait des réactions un peu hystériques, sans les partager, je dis qu'il fallait s'y attendre", tempère Camille Bedin, secrétaire nationale adjointe de l'UMP en charge de l'Education, dans les colonnes de Libération

"Difficile pour nous de taper sur Emmanuel Macron [le nouveau ministre de l'Economie], alors forcément, on s'en prend à la jeune femme ministre d'origine marocaine et à ses prétendues déclarations sur le genre !", aurait confié un élu UMP, sous couvert d'anonymat, selon le Nouvel Observateur.

Ceux qui minimisent

Un autre élu anonyme estime, quant à lui, qu'il ne faut pas accorder "trop d'importance à des gens qui sont loin d'être majoritaires", rapporte le Nouvel Observateur. Un avis partagé par Gérald Darmanin, proche de Xavier Bertrand et député-maire de Tourcoing (Nord)"Il n'y a eu aucun dérapage chez les grands élus, peut-être chez certains militants. Mais les 0,5% de tarés qui s'expriment ainsi, ceux-là n'ont rien compris à ce qu'est la droite française." Franck Keller appréciera.

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