Primaire PS : enjeux et risques du second tour

François Hollande et Martine Aubry ont recueilli respectivement autour de 39% et  31 % des suffrages lors du premier tour.
François Hollande et Martine Aubry ont recueilli respectivement autour de 39% et 31 % des suffrages lors du premier tour. (AFP - Bertrand Guay)

Le duel Hollande-Aubry annoncé par tous les sondages aura bien lieu dimanche 16 octobre, mais difficile de dire qui en sera vainqueur. Arithmétiquement, Hollande est en tête mais mécaniquement, rien ne dit qu'il bénéficiera d'un bon report de voix.

Le duel Hollande-Aubry annoncé par tous les sondages aura bien lieu dimanche 16 octobre, mais difficile de dire qui en sera vainqueur. Arithmétiquement, Hollande est en tête mais mécaniquement, rien ne dit qu'il bénéficiera d'un bon report de voix.

Le député de Corrèze devrait bénéficier des suffrages des électeurs de Manuel Valls (5%) qui a appelé, dès dimanche soir, à voter pour lui. Mais l'issue du scrutin final dépendra surtout des partisans d'Arnaud Montebourg, "grosse surprise" de cette consultation démocratique inédite.

Fort de ses 17%, le député de Saône-et-Loire, qui n'a rien dévoilé de ses intentions dimanche soir, souhaite réunir son équipe de campagne lundi en fin après-midi, avant de faire part de ses intentions, lundi soir au 20h de France 2.

Rue de Solférino, les entourages des compétiteurs rappelaient cependant à l'envi dimanche soir, que "dans ce type d'élection, le poids des prescriptions pèse peu". A voir. Toujours est-il qu'une partie des électeurs de Montebourg ont envoyé un signal fort de renouvellement politique.

Et de ce point de vue, les deux finalistes se démarquent peu.

Eviter tout "clash" dans l'entre-deux tours

L'inimitié entre les deux finalistes est connue. Les rares "frictions" entre ces deux éléphants du PS, lors des trois débats télévisés, ont permis d'en avoir un petit aperçu.

Mercredi soir, lors de l'ultime confrontation, retransmise probablement sur France 2, et lors des sept prochains jours, l'éventualité d'un durcissement de ton de Martine Aubry n'est pas à exclure. Partie plus tard que son rival dans la campagne, la maire de Lille a trouvé le bon rythme dans les jours précédant le vote et bénéficie d'une dynamique. "On appelle ça une montée en puissance", résumait à sa manière, l'un de ses conseillers dimanche soir.

Autrement dit, son slogan : "Contre une droite dure, il ne faut pas une gauche molle", a fait mouche et pourrait bien lui inspirer sa stratégie de l'entre deux -tours. Il "va falloir une gauche énergique et très pugnace face à Nicolas Sarkozy", a d'ailleurs fait valoir l'un de ses soutiens, Bertrand Delanoé, lundi matin sur Europe 1.

A l'opposé, François Hollande, dont la posture mitterrandienne n'a échappé à personne, entend se poser en rassembleur. Celui à qui l'on reproche souvent sa "mollesse" s'en défend : "... moi, ma pugnacité, je dois l'exercer par rapport à la droite. Moi, mon caractère offensif, mon caractère, je dois le prononcer par rapport à la droite", a-t-il souligné sur RTL.

"Il ne s'agit pas d'être gentil, j'ai suffisamment le sens du rassemblement... l'objectif pour moi, c'est de rassembler pour ce second tour. Et c'est de rassembler après ce second tour, parce que la primaire, ce n'est qu'une étape", a encore fait valoir le député de Corrèze.

Seule certitude, après les différents succès aux élections intermédiaires, dont la récente victoire au Sénat, le contexte n'a jamais été aussi favorable à la gauche à 7 mois du scrutin présidentiel.

Au PS, à démontrer jusqu'au bout, qu'elle a su tirer tous les enseignements de ses déboires passés.