Présidentielle et législatives 2012 : 1% des électeurs ont pu voter deux fois

Un électeur vote pour les européennes, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), le 25 mai 2014.
Un électeur vote pour les européennes, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), le 25 mai 2014. (FRED DUFOUR / AFP)

Un rapport commandé par le ministère de l'Intérieur dénonce une organisation des élections trop coûteuse et défaillante. 

Coûts élevés, dysfonctionnements... L'organisation de la présidentielle et des législatives de 2012 est visée par un rapport inédit du ministère de l'Intérieur, cité par Le Parisien/Aujourd'hui en France (liens pour abonnés) dans son édition de jeudi 20 novembre. Selon le quotidien, le document, commandé par Manuel Valls pendant son passage place Beauvau et réalisé par l'Inspection générale de l'administration (IGA), estime qu'environ 506 000 personnes ont eu la possibilité de voter deux fois, profitant d'une faille dans le processus électoral. Soit 1% du corps électoral. 

Le document confidentiel pointe en effet "l'absence de fiabilité des listes électorales" et les "délais de livraison" de ces dernières : selon l'IGA, ce système "offre à un nombre significatif d'électeurs la possibilité de voter deux fois", écrit Le Parisien.

Des élections à 604 millions d'euros

De plus, selon ce rapport, "le coût total de la présidentielle et des législatives de 2012 s'est élevé, pour l'Etat et les communes, à 604 millions d'euros... dont 70% à la charge du budget national", écrit encore le quotidien.

"Les deux tiers des dépenses de l'Etat ont consisté en la prise en charge des campagnes des partis", poursuit Le Parisien, notamment "la propagande officielle imprimée" [les professions de foi] qui représente, à elle seule, "près de la moitié, soit 203 millions d'euros". Les autres dépenses concernent, d'après le document, l'établissement et la révision des listes électorales, l'organisation du vote par procuration (47,3 millions) ou celui des Français de l'étranger (16,6 millions d'euros).

Si le rapport "ne restera pas sans suite", le quotidien rappelle que l'ambition du ministère de l'Intérieur "de mettre les feux sur la dématérialisation de l'organisation des élections en supprimant l'envoi des professions de foi par la poste au profit d'internet" dans le cadre de son budget 2015, a peu de chance d'aboutir. "Cette mesure, qui aurait permis d'économiser plus de 130 millions d'euros, vient d'être retoquée par les députés et devrait subir le même sort de la part des sénateurs", déplore Le Parisien.

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