Pour le ministre de l'Ecologie, la méthode du Grenelle de l'environnement pourrait s'étendre à d'autres types de réforme

Jean-Louis Borloo, le 4 septembre 2010 à Lyon, lors d\'une réunion du Parti radical
Jean-Louis Borloo, le 4 septembre 2010 à Lyon, lors d'une réunion du Parti radical (AFP - Jean-Pierre Clatot)

Pressenti pour succéder à François Fillon à Matignon lors d'un prochain remaniement, Jean-Louis Borloo s'exprime dans Le Parisien/Aujourd'hui de mardi.Sa proposition d'un "Grenelle de la fiscalité" ne doit rien au hasard. Un sondage Ifop commandé par ses services selon le quotidien, révèle que 92% des Français plébiscitent ce mode de réforme.

Pressenti pour succéder à François Fillon à Matignon lors d'un prochain remaniement, Jean-Louis Borloo s'exprime dans Le Parisien/Aujourd'hui de mardi.

Sa proposition d'un "Grenelle de la fiscalité" ne doit rien au hasard. Un sondage Ifop commandé par ses services selon le quotidien, révèle que 92% des Français plébiscitent ce mode de réforme.

"Le Grenelle est non seulement devenu une formidable marque de fabrique mais surtout le symbole de la démocratie participative... pour de vrai", conclut-il, en faisant allusion à une méthode défendue par Ségolène Royal durant la campagne présidentielle...

Si le ministre de l'Environnement et de l'Energie juge qu'"on ne peut évidemment pas l'appliquer à tout", en particulier aux retraites, il ajoute que "cette méthode est applicable à de nombreux domaines de la vie quotidienne des Français" et notamment à la "fiscalité", qui devrait être l'un des derniers chantiers du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

"Aujourd'hui, les mesures fiscales sont parfois vécues par les Français comme opaques et injustes. Si on doit réformer la fiscalité en profondeur, ça ne peut pas être l'affaire uniquement de spécialistes", déclare le président du Parti radical.

"Ce sont des choix sociaux-économiques tellement cruciaux qu'il faut y associer dans le cadre d'un Grenelle le monde économique, les syndicats, les collectivités pour définir ensemble les grands choix de la France et ne pas se limiter à la question de l'ISF ou du bouclier fiscal", ajoute-t-il.

"Une telle réforme d'ensemble est infaisable sans le soutien de tous", insiste Jean-Louis Borloo. "Je sais que ce n'est pas simple mais c'est la bonne méthode. Je suis persuadé qu'en six à neuf mois, on pourrait bâtir ensemble un nouveau système de fiscalité pour les vingt ans à venir."

Assurant qu'"il ne peut pas y avoir de croissance sans consensus social", le ministre de l'Ecologie affirme vouloir défendre "cette vision quelle que soit (sa) place et où (qu'il soit) demain". Au passage, il a réfuté une nouvelle fois avoir "jamais évoqué la question" de sa nomination à Matignon avec Nicolas Sarkozy. "C'est sa décision pure. Il s'agit d'un choix politique, non d'un recrutement et encore moins d'une candidature."

Une prise de parole à quelques jours du remaniement

L'idée d'une réforme de la fiscalité au printemps 2011, notamment sur les plus riches, a été lancée par l'Elysée en pleine réforme des retraites afin de rouvrir le débat sur "bouclier fiscal", symbole très critiqué du quinquennat Sarkozy.

Donné grand favori il y a quelques jours encore pour le poste de Premier ministre, Jean-Louis Borloo aurait égratigné son image en raison de sa gestion de la crise de l'essence. Ces propositions sont aussi une manière de se relancer dans la course à Matignon.

Le bouclier fiscal

Le bouclier permet de limiter le total des impôts payés à la moitié des revenus déclarés au fisc. Il profite essentiellement aux plus hauts revenus.

Selon des chiffres officiels, le bouclier a coûté 679 millions d'euros à l'Etat en 2009, les deux tiers de cette somme ayant bénéficié à 1.169 contribuables possédant un patrimoine de plus de 16 millions d'euros, qui ont perçu un chèque moyen de remboursement de 360.000 euros.

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