Pour la première fois, le 9 juillet, Paris a emprunté 6 milliards d'euros à court terme à des taux négatifs

La France emprunte 6 milliards d\'euros à un taux négatif
La France emprunte 6 milliards d'euros à un taux négatif (ERIC PIERMONT / AFP)

Première sur le marché de l'argent : Paris a emprunté environ 6 milliards d'euros, lundi 9 juillet, à des taux négatifs, a indiqué l'Agence France Trésor. Quelques pays - l'Allemagne ou les Pays-Bas - bénéficient de ces conditions favorables.

Première sur le marché de l'argent : Paris a emprunté environ 6 milliards d'euros, lundi 9 juillet, à des taux négatifs, a indiqué l'Agence France Trésor. Quelques pays - l'Allemagne ou les Pays-Bas - bénéficient de ces conditions favorables.

Paris a emprunté, lundi 9 juillet, près de 6 milliards d'euros à court terme à des taux... négatifs.

Il s'agit d'une première qui illustre l'attrait de la dette française auprès des investisseurs, a annoncé l'Agence France Trésor.

La France rejoint ainsi le club fermé des pays européens qui bénéficient de taux négatifs, comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou le Danemark. Cela signifie, schématiquement, que les investisseurs acceptent de payer pour lui prêter de l'argent.

Allemagne : les investisseurs "payent" pour prêter

Par ailleurs, l'Allemagne a placé, le même jour, une émission obligataire de 3,29 milliards d'euros à six mois, assortie d'un taux négatif. Berlin a établi ainsi un record avec un rendement de - 0,03%, a annoncé l'Agence financière qui gère la dette publique allemande.

En janvier, la première économie européenne avait déjà emprunté sur six mois à taux négatif, avec un rendement de - 0,012%.

Grosso modo, les investisseurs "payent" en quelque sorte pour prêter de l'argent à l'Allemagne, considérée comme le dernier refuge sûr en zone euro en difficulté, préférant perdre un peu de leur mise en plaçant leur argent auprès d'elle, que de financer des pays considérés comme risqués.

Des taux "contre nature", dit Wolfgang Schäuble

Bien qu'assurés qu'ils ne retireront rien en apportant de l'argent à l'Allemagne, les investisseurs se sont pressés pour proposer leurs fonds à l'Agence financière, avec un montant total d'offres atteignant 5,48 milliards d'euros.

L'Agence financière en a prélevé 4 milliards. Comme à son habitude, elle a mis en réserve une partie des titres, à savoir 710 millions d'euros, qui seront écoulés progressivement sur le marché.

La situation fait à première vue les affaires de l'Etat fédéral allemand, puisqu'elle fait fortement baisser ses coûts de refinancement.

Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, s'est toutefois inquiété à plusieurs reprises de ces taux "contre nature", qui mettent en évidence une zone euro écartelée entre quelques Etats jugés solides et les pays de la périphérie qui doivent payer toujours plus cher pour se financer comme l'Espagne ou l'Italie, quand ils ne sont pas complètement coupés du marché comme la Grèce.