Petit à petit, DSK fait son retour médiatique comme expert de la crise

Dominique Strauss-Kahn et Jean-Claude Juncker (7 juin 2010)
Dominique Strauss-Kahn et Jean-Claude Juncker (7 juin 2010) (GEORGES GOBET / AFP)

Après l'affaire du Sofitel, puis du Carlton, Dominique Strauss-Kahn a donné sa première conférence économique à Pékin le 19 décembre. La suivante est attendue à Bruxelles le 27 mars. Une façon de revenir sur la scène comme expert de la crise ?

Après l'affaire du Sofitel, puis du Carlton, Dominique Strauss-Kahn a donné sa première conférence économique à Pékin le 19 décembre. La suivante est attendue à Bruxelles le 27 mars. Une façon de revenir sur la scène comme expert de la crise ?

De retour sous les sunlights ? Dominique Strauss-Kahn a répondu positivement à l'invitation du groupe EU40 (groupe d'eurodéputés de moins de quarante ans organisant des événements sponsorisés par de grandes entreprises, dont LVMH).

L'ex-favori des sondages pour la présidentielle débattra le 27 mars des "leçons de la crise économique mondiale" au Parlement européen avec le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Une façon de préparer les esprits à un retour sur la scène française comme expert économique ?

Une première conférence à Pékin en décembre

Donné gagnant par les sondeurs à la primaire socialiste avant même qu'il ne soit candidat, l'ex-directeur du FMI a vu sa trajectoire brisée net par sa spectaculaire arrestation à New York, le 14 mai 2011.

Accusé d'agression sexuelle par Nafissatou Diallo, une femme de chambre du Sofitel de New York, il a pu revenir en France après l'abandon des poursuites par la justice américaine, le 23 août.

Nafissatou Diallo
Nafissatou Diallo (AFP)

Partiellement libéré de ses ennuis judiciaires américains - la procédure civile se poursuit -, Dominique Strauss-Kahn a ensuité été mis en cause en France dans l'affaire dite du "Carlton" de Lille. Le chargé des relations publiques de cet hôtel a été mis en examen pour proxénétisme aggravé.

Cette affaire, pour laquelle il n'a toujours pas été auditionné, ne l'a pas empêché le 19 décembre 2011, de participer, en Chine, à sa première conférence économique publique depuis l'affaire du Sofitel. De Pékin, il a comparé la zone euro à "un radeau en train de sombrer".

Le retour d'Anne Sinclair à une vie professionnelle

De son côté, Anne Sinclair, l'épouse de Dominique Strauss-Kahn, a fait un retour remarqué à la vie professionnelle en prenant la tête du Huffington Post français, lancé le 22 janvier à Paris. A ceux qui en doutaient, elle a affirmé que toute information liée à son mari serait traité comme dans n'importe quel autre média. L'actualité n'a pas encore permis de le vérifier.

Après une interview "exclusive" à Elle, l'ex-vedette des émissions politiques de TF1 fait la une cette semaine de Paris Match. Les deux journaux appartiennent au groupe Lagardère, qui compte parmi ses dirigeants un homme tout dévoué à l'ex-directeur du FMI, Ramzi Khiroun.

En mai 2011, le Nouvel Observateur brossait le portrait de ce "membre du comité exécutif de Lagardère". "Ce jeune homme aux allures de bodyguard a deux maîtres : Arnaud Lagardère et Dominique Strauss-Kahn", écrivait la journaliste Ariane Chemin.

Anne Sinclair
Anne Sinclair (PATRICK KOVARIK / AFP)

Un débat à Bruxelles fin mars...et ensuite ?

Anne Sinclair, donc, a repris du service dans la presse, Dominique Strauss-Kahn réapparaît comme expert économique.

Et les strauss-kahniens ? De Jean-Marie Le Guen à Jérôme Cahuzac, ils se sont consolés en se ralliant à la bannière de François Hollande, dont le directeur de campagne s'appelle Pierre Moscovici.

Cet ex-fan de DSK a rappelé le 19 janvier à Public Sénat s'être éloigné de son mentor depuis 2008, après l'avoir vu "pendant 25 ans, toutes les semaines". Et d'ajouter : "C'est lui qui, à un moment donné, a décidé (...) que ce n'est pas comme ça que ça devait se passer. Ca m'a fait de la peine... mais on s'en remet".

Dominique Strauss-Kahn, lui, se remet-il de n'être plus celui à qui l'on demande soir et matin son avis sur l'économie mondiale ?

Même à TF1, où il avait été interviewé le 18 septembre après l'abandon des poursuites aux Etats-Unis, il n'avait pu s'empêcher de prédire le défaut de la Grèce.

La conférence de Pékin, puis celle de Bruxelles fin mars, ne servent-ils pas à préparer les esprits à son retour en France, comme expert de la crise ?