Patrick Lozès, le fondateur du Cran, joue la provocation en appelant à "ne pas voter blanc"

Patrick Lozès est candidat à l\'élection présidentielle de 2012
Patrick Lozès est candidat à l'élection présidentielle de 2012 (AFP)

Le fondateur du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), a lancé jeudi sa campagne pour la présidentielle. Il veut défendre "l'ascension sociale" des quartiers défavorisés et appelle un brin provocateur à "ne pas voter blanc."

Le fondateur du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), a lancé jeudi sa campagne pour la présidentielle. Il veut défendre "l'ascension sociale" des quartiers défavorisés et appelle un brin provocateur à "ne pas voter blanc."

Patrick Lozès sera lui aussi en lice pour la course à l'Elysée. Le fondateur du Cran a lancé jeudi sa campagne pour l'élection présidentielle en s'adressant particulièrement aux "quartiers défavorisés" avec un slogan provocateur : "En 2012, ne votez pas blanc."

Toucher les classes populaires

Sa première affiche de campagne porte un double message qui vise à marquer l'opinion : sous le portrait du candidat, le slogan "En 2012, ne votez pas blanc" invite les citoyens à s'inscrire sur les listes électorales et à voter pour celui qui a pour ambition de devenir le "président de l'ascension sociale."

Principale cible, les jeunes des banlieues et des quartiers populaires où l'abstention est traditionnellement forte. L'affiche y sera placardée à partir de jeudi.

"Il s'agit de faire réagir sur une question taboue : la défiance sans précédent dans les quartiers populaires vis-à-vis de la politique", explique M. Lozès qui dit "assumer pleinement" l'aspect provocateur du message.

Premier candidat noir à l'élection présidentielle

Pas question cependant pour ce fils d'un ancien ministre du Bénin d'être catalogué comme un candidat communautaire représentant des minorités. "Etre le premier candidat noir à la présidentielle
française, je ne me rase pas tous les matins en pensant à cela", s'amuse-t-il "mais je sais d'où je viens".

Elevé par sa mère dans des cités de Seine-Saint-Denis dans une fratrie de neuf enfants, M. Lozès, 46 ans, docteur en pharmacie aujourd'hui patron d'une entreprise de conseil en communication, se veut à la fois modèle et défenseur de l'ascenseur social français.

"Je serai dans cette campagne la preuve incarnée de l'ascension sociale républicaine, de cette promesse oubliée de notre contrat social, dit-il. Je sais ce que c'est de faire face aux a priori, aux discriminations, aux plafonds de verre pour se faire une place en France."

"La diversité en France, c'est 11 millions de personnes. On ne parle d'eux que pour les stigmatiser alors que le pays pourrait miser sur leur potentiel et sur la diaspora pour conquérir de nouveaux marchés", affirme-t-il.

Proche du Centre

Candidat UDF aux législatives à Paris en 2002, M. Lozès se dit toujours centriste. Il reproche à François Bayrou, le président du MoDem, son côté "homme providentiel", à Jean-Louis Borloo et Hervé Morin leur silence après le discours de Grenoble sur l'immigration de Nicolas Sarkozy en 2010.

Le fondateur du Cran se dit certain d'avoir ses 500 signatures de parrainage et il affirme déjà détenir une centaine de promesses. Flanqué d'une petite équipe, il affirme avoir reçu le soutien de personnalités comme les écrivains Marek Halter et André Bercoff ou l'avocat Francis Terquem.

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