Parachutes dorés, proportionnelle… Ces propositions que le candidat Sarkozy recycle

Nicolas Sarkozy lors d\'une conférence de presse à Paris, le 11 janvier 2007.
Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à Paris, le 11 janvier 2007. (OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP PHOTO)

Dans son programme présenté jeudi, le président sortant reprend plusieurs propositions déjà faites il y a cinq ans. FTVi les a recensées.

A dix-sept jours du premier tour, Nicolas Sarkozy a dévoilé, jeudi 5 avril, sa "lettre aux Français", un document de 34 pages dans lequel le président candidat présente aux électeurs sa vision du pays et rappelle ses propositions pour le second quinquennat qu'il brigue. Une liste dans laquelle figurent plusieurs propositions déjà émises il y a cinq ans. FTVi les a recensées. 

• Interdire les parachutes dorés

Le 22 février, le candidat Sarkozy annonce sa volonté d'"interdire les parachutes dorés". "Il y a une partie des dirigeants qui ne veulent pas comprendre que le monde d'aujourd'hui est différent, qu'il y a des choses qui choquent et qu'on ne peut pas accepter", justifie-t-il.

Problème : le 19 avril 2007, le même s'engageait déjà à "faire voter dès l'été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des golden parachutes". "C'est contraire aux valeurs qui sont les miennes", expliquait-il. Une loi qui n'a jamais vu le jour.

• Alléger les cotisations patronales qui pèsent sur le travail

Dans son programme, Nicolas Sarkozy propose d'"alléger les charges patronales qui pèsent sur le travail de 14 millions de salariés, notamment dans l’industrie et l’agriculture". Il pense sans doute à la TVA sociale, déjà adoptée par le Parlement et qui doit entrer en vigueur au 1er octobre. Elle consiste à exonérer les entreprises des cotisations sociales, et à augmenter en contrepartie le taux de TVA de 1,6 point. 

Un mécanisme qu'il envisageait déjà en 2007 : "Après y avoir beaucoup réfléchi et avoir étudié l’expérience du Danemark et celle plus récente de l’Allemagne, je suis convaincu qu'il faut expérimenter le transfert d’une partie des cotisations sociales sur la TVA."

• Mieux encadrer la rémunération des hauts dirigeants

Toujours le 22 février, Nicolas Sarkozy propose que les rémunérations des plus hauts dirigeants soient votées par l'assemblée générale des actionnaires plutôt que par le conseil d'administration, et que ces rémunérations soient rendues publiques.

Là encore, une proposition déjà faite dans son discours d'Agen du 22 juin 2006, et qui est restée dans les cartons. 

• Instaurer une dose de proportionnelle

Lors de son entrée en campagne, le 19 février à Marseille, le président candidat se dit favorable à l'introduction d'une dose de proportionnelle, "pour que tous les grands courants politiques puissent avoir des représentants". Une promesse déjà faite le 29 avril 2007 dans son discours de Bercy, et qu'il n'avait finalement pas tenue.

• Faire travailler davantage les profs pour mieux les rémunérer

En matière d'éducation, Nicolas Sarkozy l'a expliqué fin février lors d'un meeting à Montpellier : "Il n'y a qu'une seule solution, faire travailler les enseignants plus longtemps en les payant davantage." Il y a cinq ans, dans son discours de Maisons-Alfort, il s'était déjà "engagé à ce que ceux qui voudront travailler davantage puissent gagner plus".

Cette fois, il se montre un peu plus précis : "Tout enseignant qui voudra travailler davantage pourra le faire avec 26 heures de présence dans l'établissement au lieu de 18 heures de cours aujourd'hui, avec en contrepartie une augmentation de son traitement de 25%."

• Réformer le "collège unique"

C'est une vieille ambition de la droite, que Nicolas Sarkozy a remis sur la table fin février : "Il faut repenser complètement le collège unique" avec lequel, estime-t-il, "la sélection par l’échec et l’orientation par défaut sont devenues la règle." Une proposition qu'il faisait déjà en septembre 2007 dans sa "lettre aux éducateurs", disant son souhait "que chacun puisse trouver sa place" au collège et "de donner à chacun une plus grande chance de réussir".

• Faire passer le code de la route au lycée

En matière d'apprentissage de la conduite, Nicolas Sarkozy propose que "les auto-écoles (viennent) dans tous les lycées apprendre le code aux jeunes" et que "l'examen (soit) organisé dans les établissements".


• Durcir les conditions du regroupement familial

En matière d'immigration, le président candidat veut durcir les règles du regroupement familial. "Désormais, nous mettrons des conditions de revenus - on ne fait venir sa famille que si on a de quoi la faire vivre - et des conditions de logement - on ne fait venir sa famille que si on a de quoi la loger", a-t-il prévenu début mars sur France 2.

En avril 2007, dans un meeting à Dijon, il estimait déjà que "le regroupement familial (...) ne doit être possible que si l'on est en mesure de faire vivre sa famille avec les revenus de son travail".

• Un test d'intégration pour les candidats au regroupement familial

Nicolas Sarkozy propose également la mise en place d'"un examen dans les consulats pour toutes les personnes qui voudront rejoindre leur famille, examen portant sur la pratique du français et la connaissance des valeurs de la République". Une proposition identique à celle formulée lors d'un déplacement à Marseille, le 4 mars 2007.

• Une union en mairie pour les couples homosexuels

Dans une interview au magazine gay Têtu parue début avril, Nicolas Sarkozy souhaite que le Pacs, aujourd'hui signé au tribunal ou chez le notaire, puisse être contracté en mairie pour les couples homosexuels. "Cela permettrait une vraie reconnaissance sociale", estime-t-il. Une promesse qui se rapproche du "contrat d'union civile" en mairie pour les couples de même sexe, qu'il proposait en 2007 et qui n'a finalement jamais été suivi d'effet.

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