"Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler" : les nouvelles critiques de Gérard Collomb sur Emmanuel Macron

Le ministre de l\'Intérieur, Gérard Collomb, le 24 septembre 2018 au palais de l\'Elysée.
Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, le 24 septembre 2018 au palais de l'Elysée. (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

Le ministre de l'Intérieur a formulé des critiques en petit comité, révélées dans "La Dépêche du Midi" lundi 24 septembre.

"Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler." C'est l'une des critiques formulées en petit comité par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, à l'égard du président Emmanuel Macron, selon des propos publiés par La Dépêche du Midi. Ils ont été confirmés lundi 24 septembre à l'AFP par un participant.

Le 6 septembre, lors d'un déjeuner avec des journalistes au ministère, Gérard Collomb a enfoncé le clou de sa critique, lancée le jour-même dans une interview, sur le "manque d'humilité" de l'exécutif, selon le récit de La Dépêche.

 "Il va finir par ne plus me supporter"

"Les provinciaux, et j'en suis, ont déjà une tendance naturelle à considérer que les Parisiens ont la grosse tête et les snobent, or des expressions comme la nouvelle grammaire de la politique ou la 'start-up nation', ils ne s'y reconnaissent pas", a regretté Gérard Collomb, visant deux expressions symboliques du "nouveau monde" politique porté par Emmanuel Macron et ses soutiens.

Interrogé sur le fait de savoir s'il a exprimé cette critique au chef de l'Etat, le ministre de l'Intérieur déplore, selon la Dépêche : "Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler. Ceux qui parlent franchement à Macron sont ceux qui étaient là dès le début : Ferrand, Castaner, Griveaux et moi..." "D'ailleurs, il va finir par ne plus me supporter. Mais si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s'isoler, car par nature l'Elysée isole", poursuit encore le ministre.

"Gérard Collomb n'a jamais cessé d'être loyal au président"

Une semaine après ce déjeuner, l'ancien maire de Lyon a annoncé dans une interview à L'Express qu'il quitterait la place Beauvau après les élections européennes de juin 2019 pour se lancer dans la campagne pour la mairie de Lyon en 2020. Une annonce anticipée de départ qui est venue compliquer encore un peu plus la rentrée difficile d'Emmanuel Macron et a interrogé sur les liens entre le chef de l'Etat et un ministre censé être parmi ses plus proches soutiens.

Sollicité par l'AFP, le ministère de l'Intérieur a indiqué ne pas avoir "l'habitude de commenter des propos rapportés, non tenus publiquement" et a insisté sur la loyauté de Gérard Collomb vis-à-vis du chef de l'Etat. "Gérard Collomb n'a jamais cessé d'être loyal au président, tout en faisant preuve avec lui en privé d'une franchise qui a toujours caractérisé leur relation", a fait valoir le ministère.

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