Yannick Jadot (EELV) plaide pour une solution type Larzac, "un modèle où tout le monde va bien vivre"

Yannick Jadot, député européen EELV, devant la mairie de Nantes le 18 janvier 2018.
Yannick Jadot, député européen EELV, devant la mairie de Nantes le 18 janvier 2018. (RADIO FRANCE / YANN SCHREIBER)

Le député européen Europe-Écologie Les Verts (EELV) souhaite que la ZAD devienne un espace de co-gestion entre l'État et les agriculteurs, à l'instar de ce qui s'est fait sur le Larzac.

Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes a été abandonné, malgré une consultation locale favorable, au profit d'un réaménagement de l'actuel aéroport de Nantes. Le Premier ministre a donné jusqu'au printemps aux zadistes pour partir d'eux-mêmes. Sur franceinfo, Yannick Jadot, député européen EELV, tout comme l'opposant historique Sylvain Fresneau, plaide pour un mode de gestion identique à celui du Larzac. "Un mode de gestion et d'attribution des terres en respectant des principes agricoles et en partageant les terres autour de quelques critères."

franceinfo : Que va-t-on faire de la ZAD ? Les gens doivent-ils partir ?

Non. Ce sont des terres agricoles. Il y a des gens qui se sont installés et qui cultivent aujourd'hui. Cela ne leur appartient pas aujourd'hui. C'est la question du Larzac : la société civile du Larzac ce sont les paysans et les occupants qui, en responsabilité avec l'Etat, ont décidé d'un mode de gestion et d'attribution des terres en respectant des principes agricoles et en partageant les terres autour de quelques critères. C'est cela qu'il faut organiser. Qu'on libère des routes, je suis 100% d'accord. Mais la ZAD ("Zone à défendre" selon les termes des opposants) ce sont des paysans historiques qui ont refusé d'abandonner leurs terres, ce sont des jeunes qui sont venus vivre là sur le mode de vie à eux. Ils sont sur des terres qui n'étaient pas utilisées. Ils cultivent, participent au développement culturel, agricole, social, démocratique de cette zone. Est-ce qu'on ne peut pas imaginer avec l'Etat un modèle où tout le monde va bien vivre et avec une liberté totale de circulation ?

Comprenez-vous la colère de ceux qui soutenaient le projet ?

Je comprends que l'on soit déçu quand on a porté un combat. Si le gouvernement avait tranché dans l'autre sens, nous aurions été en colère. C'est bien d'avoir des convictions dans le champ politique. Mais attention : je tiens à rappeler que quand Manuel Valls a proposé cette consultation, l'ensemble des acteurs était contre en disant que cette consultation, telle qu'elle était organisée, tronque et biaise la démocratie. Tous les élus qui hurlent aujourd'hui avaient rejeté cette consultation parce qu'elle ne s'organisait pas dans de bonnes conditions.

Christian Jacob estime que l'Etat a capitulé "face à une horde de voyous". Qu'en pensez-vous ?

Il a ses propos, on les connaît. Vous croyez que 15 ans, 20 ans de résistance à Notre-Dame-des-Landes sont le fait de quelques dizaines de personnes qui ont bloqué la zone ? Non. Qu'il y ait quelques excités qui se sont greffés à cette mobilisation, c'est dommageable. Mais ceux qui ont gagné aujourd'hui sont des centaines, des milliers de personnes qui étaient là, en famille. Ce sont des paysans résistants, des écologistes au niveau local, comme au niveau européen.

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