Notre-Dame-des-Landes : Ségolène Royal "sert son propre intérêt" selon l'association "Des Ailes pour l'Ouest"

La ministre de l\'Écologie, Ségolène Royal, le 28 septembre 2016.
La ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, le 28 septembre 2016. (CITIZENSIDE/YANN BOHAC / CITIZENSIDE)

La ministre de l'Écologie a affirmé dans un entretien donné au JDD qu'il fallait "arrêter les frais" concernant la construction du nouvel aéroport du Grand Ouest, auquel elle reste fermement opposée.

La ministre de l'Écologie et des Transports Ségolène Royal affirme, ce dimanche 16 octobre, dans le Journal du Dimanche, qu'il faut "arrêter les frais" concernant le projet de transfert de l'aéroport de Nantes vers Notre-Dame-des-Landes. Pour Alain Mustière, président de l'association "Des Ailes pour l'Ouest", qui défend le projet, la ministre "sert son propre intérêt".

franceinfo : Avez-vous le sentiment que Ségolène Royal vous adresse indirectement une fin de non-recevoir ?

Alain Mustière : Elle ne l'adresse pas à moi, elle l'adresse à 270 000 votants, c’est-à-dire aux 55% de la population qui se sont prononcés pour ce transfert de l'aéroport. Cette consultation était voulue par le gouvernement et elle, elle prenait acte juste après le référendum. Elle revient sur sa parole, c'est incompréhensible. Elle amène des doutes, alors que, pour nous, l'opinion a tranché, la justice a tranché

S'agit-il d'un couac au sein du gouvernement ?

C'est un gros couac au sein du gouvernement. J'ai demandé à être reçu par Madame Royal, elle ne nous a jamais reçus, elle nous a dédaignés parfaitement. Entre l'expression du président de la République, qui après le référendum s'est dit : 'On prend acte, il faut aller jusqu'au bout', le Premier ministre devant l'Assemblée nationale, le garde des Sceaux, tous les ministres qui se sont exprimés ont dit : 'La démocratie est passée, il faut y aller'. Madame Royal a une autre position, elle l'exprime, mais où est la solidarité gouvernementale ?

La ministre ne semble pas vouloir prendre de risque avec une évacuation par la force, elle redoute peut-être un drame comme à Sivens dans le Tarn il y a deux ans avec la mort du militant écologiste Rémi Fraisse ?

Il faut faire une différence entre les quatre agriculteurs qui sont dans une procédure, qui doivent partir, et les 200 occupants qui sont des violents, la plupart du temps, qui disent créer une agriculture pour eux-mêmes. Ce sont des marginaux qui sont là, donc elle laisse la place à une partie de marginalité. Où est le droit dans tout ça ? Si les forces de l'ordre interviennent, c'est parce que la justice est passée..

Il y a toujours des milliers d'opposants, comment en témoignant les manifestations...

Sur des sujets aussi importants, il y a toujours des opposants, mais quand vous regardez le vote, 55% de votants se sont exprimés massivement pour ce projet, et donc il ne fallait pas faire voter la population, il ne fallait pas que la justice se prononce, Madame Royal a raison contre tout le monde, elle sert son propre intérêt, et pas l'intérêt collectif.

"Elle amène des doutes, alors que, pour nous, l'opinion a tranché" (Alain Mustière, "Des Ailes pour l'Ouest"
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