Notre-Dame-des-Landes : "La police doit partir", revendique un zadiste

Un opposant fait face aux gendarmes mobiles sur la ZAD, à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le 10 avril 2018.
Un opposant fait face aux gendarmes mobiles sur la ZAD, à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le 10 avril 2018. (LOIC VENANCE / AFP)

Au troisième jour de l’opération de la gendarmerie pour expulser les derniers occupants de la ZAD à Notre-Dame-des-Landes, une des militants a expliqué mercredi sur franceinfo défendre des choses que "des gens ont créé de leurs propres mains".

Les tirs de sommation et les grenades assourdissantes retentissent pour le troisième jour consécutif à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Les gendarmes mobiles poursuivent mercredi 11 avril leur opération d’expulsion. Tôt dans la matinée, vers 6h30, une colonne de véhicules militaires s’est positionnée au lieu-dit des "Vraies rouges" au centre de la ZAD.

Face aux gendarmes, des militants se protègent derrière les barricades pendant que d’autres tiennent tête aux militaires dans le champ situé à proximité. Ils sont obligés de reculer rapidement pour ne pas respirer les gaz lacrymogène. Cette jeune zadiste, les yeux rougis, reste déterminée malgré les risques. "Les gens ont créé des choses de leurs propres mains, se justifie-t-elle. C’est de l’or en fait. Quand on regarde, on n’a que nos mains, nos cœurs. On crie de nos cœurs qu’on veut être libres, avoir nos droits. Quand j’y pense, ça me donne mal au cœur."

"La stratégie est de ne pas en avoir"

Pour affronter les gendarmes, ils utilisent des boucliers en métal, des pierres, des œufs. Une petite commode a même servi de projectile. Des opposants sont chargés de trouver des pierres, qu’ils chargent dans des brouettes ou une poussette pour ravitailler les barricades. D’autres creusent une tranchée au cas où ces barricades céderaient.

Les militants sont pour l’instant tous rassemblés au même endroit, celui où se trouvent les gendarmes. Certains essaient de se positionner ailleurs comme ce jeune opposant qui a demandé à tous les autres de le suivre dans un bois. Il est finalement parti tout seul. Chacun adopte sa méthode. "La stratégie est de ne pas en avoir, dit un zadiste. On est tous là, on est content, il y a de l’énergie de notre côté, tout va bien".

C’est la diversité tactique dans la convivialité et la bienveillance !Un opposant sur la ZADà franceinfo

"C’est un peu la façon de faire de la ZAD, explique cet autre opposant avec un accent du sud de la France. Tout le monde s’y met. Tout le monde est ensemble. On a une seule revendication : la police doit partir le plus vite possible pour qu’on ait une ambiance apaisée et qu’on puisse continuer nos projets." Les autorités ont pour objectif de démanteler entre 30 et 40 sites, 16 ont déjà été évacués et 15 détruits.

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