Notre-Dame-des-Landes : de nouvelles mobilisations avant une audience à risques mercredi

Des tracteurs bloquent le périphérique de Nantes (Loire-Atlantique), le 9 janvier 2016.
Des tracteurs bloquent le périphérique de Nantes (Loire-Atlantique), le 9 janvier 2016. (ANTOINE RICHARD / CITIZENSIDE / AFP)

Les opposants au projet d'aéroport maintiennent la pression avant une audience décisive concernant l'expulsion de familles du site où doivent reprendre les travaux.

Après le blocage du périphérique nantais, samedi 9 janvier, les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) se sont à nouveau mobilisés, lundi 11 janvier, avant une audience à risques mercredi, qui se penchera sur l'expulsion de onze familles et quatre agriculteurs "historiques".

Lundi en début d'après-midi, des agriculteurs ont commencé à mener des blocages sur plusieurs axes routiers autour de Nantes, sur des routes départementales et au niveau de rond-points, à l'aide de "80 tracteurs au total et des véhicules", explique l'organisation paysanne Copain44, à l'origine de cette action. L'impact de ces actions sur le trafic restait toutefois très limité en milieu d'après-midi.

De fortes perturbations sont en revanche à prévoir mardi dès 7h30 sur le périphérique de Nantes, où des opérations escargot doivent être menées par les opposants au transfert de l'actuel aéroport en plein bocage, avant un rassemblement mercredi devant le palais de justice de Nantes. 

Menaces de blocage complet

Ces actions se poursuivront tant que les opposants n'auront pas "la garantie, claire et sans ambiguïté" que l'Etat "renonce à toute procédure d'expulsion", a prévenu la coordination. "Si demain mardi nous n'avons toujours aucune réponse, nous agirons en conséquence", précise le colelctif Copain44, interrogé par Le Figaro. "S'il faut paralyser complètement la Loire-Atlantique, on paralysera complètement la Loire-Atlantique", menace Copain44. 

Mise en suspens en 2012 peu avant les dernières tentatives d'évacuation de la "ZAD" – la "zone d'aménagement différé dédiée au projet", rebaptisée "zone à défendre" par les opposants –, la procédure visant à expulser les derniers habitants du site où doit être construit l'aéroport a été relancée à l'automne, après l'annonce d'une reprise des travaux pour début 2016.

Onze familles, anciens propriétaires ou locataires de maisons rétrocédées à Aéroports du grand ouest, filiale du groupe Vinci et concessionnaire du site, et quatre exploitants agricoles qui ont refusé de vendre leurs terres à l'amiable, sont assignés mercredi à 11 heures devant le juge de l'expropriation du tribunal de grande instance de Nantes.

Des opposants "trahis" par François Hollande

La société réclame leur expulsion immédiate, assortie d'une astreinte journalière de 200 à 1 000 euros et d'une mise sous séquestre de leurs biens et cheptels s'ils n'obtempèrent pas. Un "coup de massue sur la tête", dénonce Sylvain Fresneau, l'un des paysans menacés d'expulsion. "Dans les onze familles, il y a mon tonton de 83 ans qui est né là. Je suis né là. C'est nos racines qu'on couperait", explique-t-il.

A l'inverse, depuis 2008, 244 autres personnes qui vivaient sur le site ont accepté de partir à l'amiable, rappellent les partisans de l'aéroport. L'annonce, le 30 octobre, de la reprise des travaux s'est traduite notamment par le paiement des indemnités d'expropriation. Une fois ce règlement effectué, les détenteurs sont tenus de quitter les lieux dans le délai d'un mois, et s'ils refusent, il peut être procédé à l'expulsion des occupants, prévoit le Code de l'expropriation.

Les opposants accusent François Hollande d'avoir "trahi" son engagement, pris en 2012, de geler les expulsions tant que les recours déposés contre le projet n'avaient pas été épuisés, ce qui inclut, selon eux, les procédures d'appel.

Leur démonstration de force samedi et la mobilisation à pied, en vélo ou en tracteur de milliers de personnes – 7 200 selon les autorités, 20 000 selon les organisateurs – s'est conclue sans que les manifestants n'obtiennent ce qu'ils réclamaient : l'annonce par le chef de l'Etat d'un "abandon immédiat" de la procédure d'expulsion.

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