Les quatre propositions de Nicolas Sarkozy pour lutter contre l'islamisme radical

Nicolas Sarkozy lors d\'une convention des Répulicains sur les Affaires internationales à Paris, le 15 juin 2016.
Nicolas Sarkozy lors d'une convention des Répulicains sur les Affaires internationales à Paris, le 15 juin 2016. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le président du parti Les Républicains a accordé un entretien à six journaux européens, dont "Le Figaro", et y a détaillé quelques mesures pour lutter contre le terrorisme.

"Nous sommes en guerre", affirme Nicolas Sarkozy. Le président du parti Les Républicains décrit, dans un entretien à six journaux européens dont Le Figaro, jeudi 16 juin, une "guerre extérieure, contre l'Etat islamique et Al-Qaïda, et une guerre intérieure contre ceux de nos compatriotes adeptes de l'islam radical." Pour l'ancien président français, "les démocraties n'ont pas pris encore toute la mesure des changements survenus ces deux dernières années, la réponse n'a pas été à la hauteur." Il propose donc quatre mesures "d'application immédiate" ainsi qu'une conférence internationale pour rebâtir la Syrie. Francetv info résume ses propositions.

"Mettre tous les détenus islamistes à l'isolement"

Nicolas Sarkozy propose tout d'abord de "mettre tous les détenus islamistes à l'isolement", afin de lutter, selon lui, contre le recrutement de nouveaux adeptes dans les prisons.

"Je demande la création en urgence d'un véritable service de renseignement des prisons", ajoute-t-il, proposant également  la mise sur écoute des cellules, ainsi que la création de services de renseignement humain, "comme dans les lieux de cultes extrémistes et au sein des groupes radicalisés".

Les étrangers et binationaux liés à des activités terroristes "expulsés sans délai"

"Toute personne étrangère ou binationale ayant des liens avec des activités ou des réseaux terroristes doit être expulsée sans délai", continue le président du parti Les Républicains, avançant que les moyens manquent, aujourd'hui, pour surveiller 24 heures sur 24 les individus fichés. Nicolas Sarkozy précise que cela "ne vaut que pour les binationaux" car il n'est "pas d'accord pour créer des apatrides".

Si les personnes concernées sont de nationalité française, Nicolas Sarkozy "demande l'assignation à résidence de toute personne suspectée de connexions directes ou indirectes avec des activités terroristes et le recours à un bracelet électronique pour suivre cet individu en permanence".

Des centres de déradicalisation après la prison

Dans son entretien, il réclame aussi la "mise en place de centres de déradicalisation pour les individus condamnés". Pour Nicolas Sarkozy, "il ne faut pas qu'ils puissent retourner dans la nature dès leur sortie, pas avant leur passage par la case déradicalisation et la preuve fournie à la société qu'ils ne sont plus une menace".

"Un nouveau style de gouvernance" en Syrie

L'ancien président pointe également du doigt la gouvernance de la Syrie, afin de lutter, entre autres, contre le développement du jihadisme dans ce pays. Pour la Syrie, "il faut inventer un nouveau style de gouvernance où la diversité est respectée", avance-t-il. Pour lui, Bachar Al-Assad "ne peut être l'avenir de la Syrie". Il propose donc d'organiser une conférence internationale pour "rebâtir une Syrie stable".

"J'avais demandé dès 2012 à ce que la coalition intervienne en Syrie", rappelle-t-il. "Ceux qui me reprochent l'intervention en Libye ont la réponse avec la Syrie. Puisque la Syrie, c'est exactement la politique inverse de la Libye : celle où on refuse d'intervenir. On voit le résultat : Daech, Al-Qaïda, toujours Bachar Al-Assad, et l'opposition modérée très affaiblie. Un grand chelem !"

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