Sarkothon : comment l'UMP a réuni les fonds pour régler sa dette

Le président de l\'UMP Jean-François Copé, le 8 septembre 2013 au Touquet-Paris-Plage (Pas-de-Calais).
Le président de l'UMP Jean-François Copé, le 8 septembre 2013 au Touquet-Paris-Plage (Pas-de-Calais). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a annoncé que le seuil des 11 millions d'euros avait été atteint. L'UMP va pouvoir rembourser les frais de campagne de Nicolas Sarkozy.

Le Sarkothon est terminé. L'UMP a recueilli les 11 millions d'euros nécessaires pour rembourser ses dettes, après l'invalidation des comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Son président Jean-François Copé l'a annoncé, dimanche 8 septembre, devant l'assemblée du campus des Jeunes Populaires, réunis au Touquet (Pas-de-Calais). "En huit semaines, l'UMP a réalisé la plus importante collecte jamais réalisée par un parti politique de la Ve République", s'est félicité le député-maire de Meaux.

L'ancien chef de l'Etat s'était lui fendu d'un message de remerciement fin juillet au bout d'un mois de mobilisation. Dimanche, il s'est déclaré "reconnaissant" et "ému" sur son compte Twitter.

Retour sur la grande souscription nationale mouvementée du principal parti d'opposition.

Pourquoi ce Sarkothon ?

Tout commence avec l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy par le Conseil constitutionnel, le 4 juillet. Cette décision prive l'ex-candidat UMP et son parti du remboursement par l'Etat de 10,6 millions d'euros de frais de campagne. L'UMP doit payer de sa poche mais elle n'a pas les moyens. 

L'UMP a déjà dû emprunter en juin 2012 quelque 55 millions d'euros à un pool de quatre banques françaises, après la baisse du financement public consécutif à son recul aux dernières législatives. Avec ce nouveau coup dur, elle est obligée de rembourser 10,6 millions d'euros aux banques créancières (essentiellement la Société Générale) avant le 30 septembre. Le parti lance alors une grande souscription nationale.

Qui a payé ? 

Les militants ont été mis à contribution. Ils ont reçu des SMS et des mails quotidiens les incitant à mettre la main au porte-monnaie. Le calcul du parti était simple : pour réunir les 10,6 millions d'euros necéssaires, il fallait que les 16 millions d'électeurs de Nicolas Sarkozy donnent chacun environ un euro, ou que chaque adhérent du parti verse 35 euros. Un million d'euros sont récoltés en 24 heures, 4,3 millions en une semaine, 8,3 millions en un peu moins d'un mois.

Les nouveaux adhérents ont apporté aussi leur contribution via leur cotisation. Dès le 25 août, lors de son grand meeting de rentrée, Jean-François Copé avait indiqué que son parti avait enregistré 45 000 nouvelles adhésions (soit 205 000 membres au total) depuis le lancement de la souscription.

Les élus se sont faits prier. Catherine Vautrin, trésorière du parti, a regretté fin juillet que "30% des parlementaires n'ont pas donné" d'argent. "Ce sont des gens, connus ou inconnus, que l'on doit resolliciter et on ne va pas manquer de le faire."

L’Association des amis de Sarkozy, qui a le statut de parti politique et dont les dons ne sont pas plafonnés, a annoncé fin juillet qu'elle allait offrir 20 000 euros. Elle en a profité pour souligner que chacun des membres de son bureau a donné "deux fois plus que François Fillon".

Nicolas Sarkozy a donné 7 500 euros, la somme maximale autorisée par la loi dans le cadre des dons aux partis politiques. Mais des voix se sont élevés au sein du parti pour inviter l'ancien président, qui s'était porté caution solidaire au moment de l'emprunt, à consentir un geste financier en conséquence. En particulier, celle de Bernard Debré, député UMP de Paris. "Oserais-je dire qu'il aurait pu donner un peu plus parce qu'il était caution solidaire ?", a-t-il déclaré. "Oui, on est là pour payer. Mais peut-être aurait-il pu faire un effort supplémentaire."

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