Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi soir un plan pour encourager l'emploi des chômeurs de longue durée et des jeunes

Nicolas sarkozy sur le plateau de TF1, le 10/2/11
Nicolas sarkozy sur le plateau de TF1, le 10/2/11

"Nous avons décidé de rajouter au budget du ministre de l'Emploi un demi-milliard d'euros pour le consacrer à 2 catégories de Français qui ont besoin qu'on les aide: les chômeurs de longue durée" et les jeunes.Une des déclarations principales du président sur TF1 pour cette 2e édition de "Paroles de Français". Il était interrogé par 9 Français.

"Nous avons décidé de rajouter au budget du ministre de l'Emploi un demi-milliard d'euros pour le consacrer à 2 catégories de Français qui ont besoin qu'on les aide: les chômeurs de longue durée" et les jeunes.

Une des déclarations principales du président sur TF1 pour cette 2e édition de "Paroles de Français". Il était interrogé par 9 Français.

Selon lui, cet argent va permettre à Pôle emploi de "recevoir dans les trois mois tous les chômeurs de longue durée" et de leur "proposer soit une formation qualifiante, soit un emploi pour ne pas les laisser chez eux".

Un redéploiement de crédits

Cette somme devrait se rajouter aux 2,6 milliards d'euros déjà prévus pour les emplois aidés dans le budget 2011. Le gouvernement prévoyait jusqu'à présent 390.000 contrats aidés, contre 510.000 l'année précédente. Budgétairement, l'opération sera neutre puisqu'il s'agit d'un redéploiement de crédits pris sur d'autres ministères.

La moitié de cette somme (250 millions) sera consacrée au financement de "50.000 nouveaux contrats aidés", a précisé le ministre du Travail Xavier Bertrand dans Le Figaro. Ils s'ajouteront aux 390.000 contrats déjà budgétés pour 2011.

S'agissant des jeunes, le chef de l'Etat a annoncé également la mise sur pied "dans les semaines qui viennent" d'un "système de bonus malus" pour inciter les entreprises à leur proposer des contrats en alternance, rappelant que les entreprises de plus de 250 salariés ont l'obligation d'employer 3% d'apprentis.

Favoriser l'apprentissage
"Les entreprises qui prendront plus de jeunes en apprentissage ou en formation en alternance" auront "une diminution de leurs charges" tandis que celles "qui ne respecteront pas le nombre d'apprentis qu'on leur demande de prendre auront un malus", a-t-il prévenu.

Son objectif, "ambitieux mais réaliste", est de parvenir à un "million d'apprentis". Mercredi, le ministre du Budget, François Baroin, avait annoncé la volonté du gouvernement de porter le nombre des jeunes en alternance "à 800.000, dont 600.000 apprentis, d'ici 2015". Le total des jeunes en formation en alternance (contrats d'apprentissage et contrats de professionnalisation) est actuellement de l'ordre de 550.000.

Le chef de l'Etat entend demander au ministre du Travail de "changer le statut de l'apprenti" car "il n'y a aucune raison" que son statut "soit inférieur à celui de l'étudiant". Le chef de l'Etat a également annoncé la construction de "dizaines de centres d'apprentissage" et la rénovation d'autres. Compte tenu de l'endettement public, les 500 millions d'euros consacrés à l'emploi seront "gagés par des économies qui seront faites sur les autres ministères", a-t-il assuré.

En dehors de cette annonce, Nicolas Sarkozy a surtout enfoncé le clou sur ses thèmes de prédilection, notamment la sécurité.

"La délinquance des mineurs", "un sujet majeur"
Il a indiqué que la délinquance des mineurs "un sujet majeur". "La société française se crispe sur des principes entre celui qui veut le tout sécurité et qui considère qu'on doit mettre un gamin de 10 ans en prison, c'est absurde", a poursuivi Nicolas Sarkozy. Aux yeux du chef de l'Etat, "un mineur d'aujourd'hui n'est pas un mineur de 1950".

"Il faut que nous changions, ce n'est plus adapté, le tribunal pour enfant, pour un braqueur qui a braqué quatre fois une pharmacie. Les sanctions ne sont pas adaptées, elles ne sont pas systématiques", a estimé le chef de l'Etat,

Des jurés populaires au tribunal correctionnel

Il a aussi dit qu'"avant l'été", des Français tirés au sort seront appelés à siéger dans les tribunaux correctionnels une semaine par an, à côté de magistrats professionnels.

"Concertation avec les magistrats"
Justice
: A la suite des questions soulevées par l'affaire Laetitia, il a proposé une "concertation" aux magistrats en colère. "Le garde des Sceaux va dès demain (vendredi) commencer une concertation très ouverte (...) pour voir quelles sont les raisons de ce malaise, qu'est-ce qui ne va pas, qu'est-ce qu'il convient de changer", a-t-il indiqué en réponse aux revendications exprimées par les magistrats.

Mais Nicolas Sarkozy s'est voulu inflexible sur le fond du dossier. "Je confirme que s'il y a eu dysfonctionnement, il y aura responsabilité, et le responsable aura à en répondre", a-t-il insisté, "ça n'a rien à voir avec ce que je pense de la magistrature dans son ensemble (...) l'immense majorité d'entre eux sont compétents, honnêtes et diligents".

Il a souligné qu'il n'y avait pas assez de places de prison et qu'il fallait "adapter la justice pénale à la violence de la société". 70.000 places de prison seront construires d'ici à 2018.

Vacances MAM et Fillon
"Je comprends que ça puisse choquer et donc que ça doit cesser". Fillon en Egypte: Sarkozy "ne pense pas" que c'était "une faute".

Dépendance / Santé
Santé/maladie d'Alzheimer : cet été une 5e branche de protection pour la dépendance sera décidée aux côtés des branches traditionnelles de la protection sociale."Je ne ferme aucune piste pour le financement" a indiqué Nicolas Sarkozy.

"Après avoir réglé la question des retraites, je souhaite que toutes les familles françaises puissent se dire : si je suis malade un jour si j'ai à supporter les peines du grand âge, je dois pouvoir terminer ma vie dignement, soit à mon domicile en étant aidé, soit en permettant à quelqu'un de ma famille d'abandonner son travail, d'être défrayé pour s'occuper du malade, soit en ayant une place en maison de retraite médicalisée", a-t-il fait valoir.

Il a déclaré jeudi soir sur TF1 que face au "drame" du Mediator, les pouvoirs publics ont le devoir de faire "toute la vérité" et "d'être certains que les médicaments mis sur le marché sont bons pour la santé et utiles". M. Sarkozy a rappelé que le gouvernement avait décidé "de revoir de fond en comble notre politique du médicament".

Le président Nicolas Sarkozy a répété jeudi soir sur TF1 qu'il était "opposé à la taxation des plus-values sur la résidence principale", l'une des pistes évoquées pour la réforme de la fiscalité du patrimoine.

Réactions
-les déclarations de Nicolas Sarkozy concernant les magistrats et l'affaire Laetitia ont été "lamentables, pas à la hauteur des enjeux" pour Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM), "affligeantes", selon Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature (SM, gauche).

- Ségolène Royal, candidate aux primaires socialistes : "Non seulement il n'a pas répondu aux questions mais souvent il n'écoutait (...) "Jamais on n'a eu un tel gouffre, une telle rupture entre un président de la République et le peuple français", a ajouté la présidente de la région Poitou-Charentes.

-Eva Joly: eurodéputée Europe Ecologie/Les Verts, ex-magistrate : "Le président ne procède à "aucune remise en cause de son action depuis 2002 sur la sécurité mais on ajoute de nouvelles lois à toutes les autres".

-François Fillon, a loué jeudi soir la "capacité d'écoute, de dialogue" et la "franchise" de Nicolas Sarkozy, estimant que le chef de l'Etat avait prouvé "sa proximité à l'égard des préoccupations" des Français.

-Laurent Wauquiez, ministre chargé des Affaires européennes : "Le président s'est montré très attentif aux préoccupations des classes moyennes qui sont trop souvent les oubliées de la politique française".

-Parti de gauche : "Ubu Roi sur TF1", "mais les Français ne sont plus dupes. Bientôt comme les Tunisiens et les Egyptiens ils montreront la porte à ce pouvoir à bout de souffle".

-Roland Muzeau, porte-parole des députés PCF : "Sarkozy aurait pu dire: Françaises et Français qui souffrez, je vous méprise ! Il a, cette fois encore, affiché sa surdité totale aux besoins de nos concitoyennes et concitoyens.

-Stéphane Le Foll, député PS, proche de François Hollande : "On a un président de la République qui cherche à répondre à un ensemble de problèmes mais qui n'a plus aucune capacité à donner un sens, définir un chemin" (déclaration sur France 24).

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