Moralisation de la vie politique : des "progrès significatifs" mais un "sentiment d'inachevé"

L\'ex-député PS René Dosière, le 22 mai 2017.
L'ex-député PS René Dosière, le 22 mai 2017. (THOMAS SAMSON / AFP)

L'ex-député PS René Dosière salue l'adoption du projets de loi de moralisation de la vie politique mais regrette "la grosse faute politique" que représente l'abandon de l'obligation de casier judiciaire vierge pour se présenter à une élection.

L'Assemblée a très largement voté en première lecture, par 319 voix pour et 4 contre, les projets de loi de moralisation de la vie politique, dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 juillet. Interdiction des emplois familiaux de collaborateurs "pour la famille proche", suppression de la réserve parlementaire, instauration d'une peine complémentaire obligatoire d'inéligibilité en cas de manquements à la probité,... Autant de mesures visant à restaurer la confiance dans la vie politique.

Sur franceinfo samedi, l'ex-député PS René Dosière, qui avait été consulté par François Bayrou, alors garde des Sceaux, au moment de l'élaboration des projets de lois, se dit partiellement satisfait.

franceinfo : Etes-vous satisfait par les textes qui ont été votés ?

René Dosière : On a fait des progrès significatifs, notamment en supprimant les réserves parlementaire et ministérielle, autrement dit la distribution discrétionnaire d'argent public. C'est plutôt positif. Mais il y a un sentiment d'inachevé pour l'instant. Il y a des points qui sont absents. On a très peu évoqué la situation des élus locaux. On aurait pu diminuer leurs indemnités, qui sont excessives, et les rendre responsables financièrement en cas de mauvaise gestion des crédits publics. Surtout, il y a une grosse faute politique en ce qui concerne le casier judiciaire vierge.

Pour vous, cette mesure était-elle fondamentale ?

Non, il n'y a rien de vraiment fondamental, ce sont des éléments qui se complètent. Mais c'est un peu dommage. Surtout, on a fait très peu de choses en ce qui concerne le financement de la vie politique. Par exemple, les turpitudes de Marine Le Pen avec son micro-parti [Jeanne] vont pouvoir continuer, parce qu'on n'a pas osé y mettre un terme en réformant le statut des partis politiques.

Est-ce que, selon vous, ces textes vont suffisamment loin pour renouer le lien de confiance entre les Français et les politiques ?

Il en faudra davantage pour renouer ce lien. Il faudra du temps, surtout. Mais disons que cela va dans le bon sens. On aurait pu faire mieux. C'est un peu dommage que François Bayrou n'ait pas eu l'occasion de défendre ce texte. Je pense que l'homme politique expérimenté qu'il était aurait pu peut-être faire davantage progresser les choses lors des débats à l'Assemblée.

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