Le président de la Commission des comptes de campagne augmenté, une association anticorruption saisit Matignon

Le président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), François Logerot, à Paris, le 19 février 2018.
Le président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), François Logerot, à Paris, le 19 février 2018. (MAXPPP)

Anticor estime qu'augmenter la rémunération du président d'une autorité administrative en cours de mandat "est susceptible de porter atteinte à son indépendance".

Anticor a saisi le Premier ministre Edouard Philippe, afin qu'il revienne sur la récente augmentation de la rémunération du président de la Commission des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), a-t-elle annoncé dans un communiqué mardi 17 juillet. L'association anticorruption avait déjà critiqué en juin cette augmentation, rétroactive au 1er janvier 2018, qui était intervenue via un décret et un arrêté signés le 30 mai par le gouvernement.

Précédemment, le président de la CNCCFP, François Logerot, percevait une indemnité forfaitaire mensuelle de 4 574 euros brut. Dorénavant, il touche un traitement mensuel de 6 204 euros brut, ainsi qu'une indemnité de fonction annuelle de 9 500 euros bruts. "Cette situation est identique à celle pratiquée dans d'autres autorités administratives indépendantes", a réagi la Commission, contactée par l'AFP.

Selon Anticor, le Code des relations entre le public et l'administration interdit toute mesure rétroactive. L'assocation estime en outre qu'augmenter en cours de mandat la rémunération du président d'une autorité administrative "est susceptible de porter atteinte à son indépendance". Ces deux textes sont "à la fois inopportuns et illégaux", estime Anticor, qui demande au Premier ministre de faire en sorte qu'il soit procédé à leur "retrait".

Vous êtes à nouveau en ligne