Soupçons, poursuites judiciaires : les auditions s'annoncent "imprévisibles" pour certains des futurs commissaires européens

Sylvie Goulard (à gauche) et l\'actuelle présidente de la Commission européenne, l\'Allemande Ursula von der Leyen le 1er juin 2017. Elles sont alors ministres de la Défense de leur pays respectif. 
Sylvie Goulard (à gauche) et l'actuelle présidente de la Commission européenne, l'Allemande Ursula von der Leyen le 1er juin 2017. Elles sont alors ministres de la Défense de leur pays respectif.  (BRITTA PEDERSEN / DPA)

Les futurs commissaires européens seront auditionnés par les députés lors de la session parlementaire d’octobre. Mais dans les couloirs du parlement de Strasbourg, ces futurs oraux sont déjà dans toutes les têtes. Plusieurs candidats sont en effet controversés.

Plusieurs commissaires font l’objet de soupçons ou de poursuites judiciaires dans leurs pays respectifs. Parmi eux : Sylvie Goulard qui pourrait, selon plusieurs sources, être sérieusement bousculée par les eurodéputés. La candidate française, qui doit récupérer le portefeuille du Marché intérieur, de la Défense et de l’Espace, a démissionné en 2017 de son poste de ministre des Armées pour se défendre dans l’affaire des emplois présumés fictifs du MoDem. Pour l’eurodéputé Les Républicains Arnaud Danjean, sa nomination n’est pas garantie à 100% : "C’est imprévisible ! Personne ne va contester ses compétences sur les affaires européennes, en revanche pour nos collègues étrangers en particulier, c’est assez étonnant que l’on puisse être amenée à démissionner d’une fonction ministérielle en France pour ensuite revenir à un poste à responsabilités européen." 

Sylvie Goulard rémunérée par un think tank américain : "possible conflit d'intérêts" ?

Ses relations financières passées avec une fondation américaine quand elle était eurodéputée, alors que son futur portefeuille englobe la Défense, pourrait aussi faire l’objet de multiples questions. "Elle devra répondre à des interrogations précises sur un possible conflit d’intérêts",  explique Yannick Jadot. "Les citoyens européens doutent de l’Europe, le fait d’avoir un certain nombre de commissaires impliqués dans des procédures judiciaires ou soupçonnés questionne l’ensemble des parlementaires" ajoute l’eurodéputé EE-LV, qui regrette néanmoins que les groupes politiques se "tiennent par la barbichette". Aucun des trois principaux groupes politiques au parlement, les conservateurs, les socialistes ou les centristes n’attaquera le maillon faible d’un autre groupe, reconnaissent en effet un certain nombre d’eurodéputés.                                                                                                                        

Un arrangement entre groupes politiques au Parlement ?

Même analyse chez Sylvie Guillaume. "Plusieurs familles politiques ont  un candidat fragile et tout le monde se tient !" estime également l’eurodéputée  socialiste : "On nous dit qu’il y aurait des mesures de dissuasion entre les différents groupes. Le fait d’avoir un certain nombre de commissaires en difficulté n’est en tout cas pas tout à fait banal", a-t-elle indiqué lundi en ajoutant qu’il va falloir faire "un gros travail de contenu sur ces auditions".

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