Soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires du MoDem : François Bayrou convoqué en vue d'une possible mise en examen

François Bayrou, lors d\'un sommet de l\'Union européenne à Bruxelles, le 17 octobre 2019.
François Bayrou, lors d'un sommet de l'Union européenne à Bruxelles, le 17 octobre 2019. (ARIS OIKONOMOU / AFP)

Le président du Modem risque une mise en examen pour abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroquerie.

François Bayrou est convoqué par les juges d'instruction du pôle financier le 6 décembre, aux fins d'une mise en examen dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires au sein du MoDem, a appris franceinfo de source proche du dossier mardi 5 novembre, confirmant une information du journal Le Monde.

Le président du MoDem risque une mise en examen pour abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroquerie. La justice cherche à savoir si des collaborateurs d'eurodéputés ont été rémunérés par des fonds publics du Parlement européen alors qu'ils étaient affectés à des tâches pour le parti centriste.

Démissions du gouvernement

Après une enquête préliminaire du parquet de Paris en mars 2017 visant une vingtaine d'eurodéputés de tous bords, puis une enquête visant le MoDem, une information judiciaire contre X avait été ouverte en juillet 2017 pour abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroquerie. L'affaire avait conduit Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez et François Bayrou à démissionner du gouvernement, moins d'un mois après leur nomination.

François Bayrou avait été entendu le 11 septembre 2019 dans le cadre de cette enquête. A sa sortie, il avait estimé "avoir pu apporter (aux enquêteurs) toutes les explications nécessaires" et assuré que "les preuves existent que tout ça était un mensonge".

"J'espère bien pouvoir apporter la preuve"

"J'espère bien pouvoir apporter la preuve que toutes ces accusations" d’emplois fictifs d'assistants d'eurodéputés au sein du MoDem "sont infondées", a réagi le président du MoDem joint par France Bleu Béarn mardi 5 novembre. "Nous disposons d’un grand nombre de preuves qu’on va enfin pouvoir faire valoir devant un juge", assure le maire de Pau qui déplore que cela "traîne" depuis deux ans et demi.

"C’est la première fois que nous allons pouvoir rencontrer un juge" le 6 décembre prochain. Il reconnaît qu’"il y a des éventualités" pour qu’il soit mis en examen dans cette affaire. "J’ai déjà été mis en examen et il se trouve que ça a débouché sur une relaxe générale. Et donc j’espère bien qu’on va pouvoir faire cette preuve", ajoute le président du MoDem.

"Ce sont des accusations qui concernent tous les partis politiques français et plusieurs dizaines de parlementaires européens. C’est exactement la même affaire que celle qui concerne Jean-Luc Mélenchon ou encore Marine Le Pen", plaide-t-il.

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