Michel Sapin, Laurent Fabius, Martine Aubry : quel Premier ministre pour François Hollande ?

L\'Hôtel Matignon vu de son jardin.
L'Hôtel Matignon vu de son jardin. (THOMAS COEX / AFP)

François Hollande l'a annoncé : s'il est élu, le Premier ministre sera socialiste. Pour son dernier grand déplacement d'avant-1er tour, le candidat PS fait meeting commun à Lille avec Martine Aubry, une des prétendantes à Matignon. Revue d'effectif.

François Hollande l'a annoncé : s'il est élu, le Premier ministre sera socialiste. Pour son dernier grand déplacement d'avant-1er tour, le candidat PS fait meeting commun à Lille avec Martine Aubry, une des prétendantes à Matignon. Revue d'effectif.

En cas d'alternance à la suite d'une victoire élyséenne de François Hollande, le 6 mai, le prochain Premier ministre sera socialiste. C'est l'annonce faite jeudi 5 avril sur Canal+ par le candidat du PS.

Interrogé sur le choix de celui qui s'installerait à Matignon, François Hollande a affirmé qu'il serait "socialiste" car "c'est la logique".

Après avoir présenté la feuille de route des premiers mois d'une éventuelle gouvernance s'il était élu, le député de la Corrèze avait expliqué, mercredi soir à Rennes, comment il comptait gouverner.

"Ma première décision sera de former un gouvernement, avait-il dit lors de son meeting commun avec Ségolène Royal. Le Premier ministre sera le chef d'une équipe, et pas un collaborateur."

Mais qui serait-il ? Petit tour - non exhaustif ! - des hypothèses en présence.

Les favoris

  • Michel Sapin, "l'ami de trente ans"

Ami de "trente ans" de François Hollande, Michel Sapin a connu le député socialiste lors de leurs études à l'ENA, puis lors de leur service militaire commun. Fort de son expérience de ministre des finances de Pierre Bérégovoy, le député de l'Indre est chargé du "projet présidentiel" dans l'équipe de campagne socialiste.

  • Laurent Fabius, l'expérience

Plus jeune Premier ministre de la Ve République sous François Mitterrand, et même si les deux hommes n'ont jamais été des proches, Laurent Fabius peut faire valoir son expérience pour affronter une période de crise délicate.

En ce sens, Martine Aubry lui avait confié dès la primaire socialiste le soin de préparer les 100 premiers jours d'une alternance. Une tâche qu'il a prolongée pour François Hollande, lequel s'en est inspiré pour présenter la "première année du changement".

  • Martine Aubry, caution de gauche

La primaire avait révélé leur antagonisme, voire leur inimitié. Mais depuis la victoire de François Hollande, Martine Aubry s'est mise au service du candidat, "manageant" la campagne conduite par le PS. De surcroit, la première secrétaire du Parti socialiste, marquée à gauche, permettrait d'amadouer le Front de gauche d'un Jean-Luc Mélenchon, en constante progression dans les sondages. Interrogée à ce sujet par 20 Minutes, le 17 avril, Martine Aubry botte en touche. "Je ne parle pas de ce genre de choses, dit-elle. Le choix doit être fait au lendemain de l'élection par le président (...) Se projeter dans les postes est déplacé."

Les "jeunes"

  • Pierre Moscovici, futur secrétaire général de l'Elysée ?

A presque 55 ans, Pierre Moscovici joue les premiers rôles d'une campagne présidentielle pour la troisième fois. Après 1995 et 2002. En soutenant François Hollande lors de la primaire, celui qui espérait la candidature de Dominique Strauss-Kahn a hérité d'un rôle stratégique, celui de directeur de campagne. Suffisant pour récupérer Matignon ? Pas sûr.

Un directeur adjoint de campagne, Aquilino Morelle, ancien collaborateur de Lionel Jospin à Matignon, lui a été accolé et il se murmure au Parti socialiste, selon Rue89, qu'il pourrait plutôt devenir secrétaire général de l'Elysée si François Hollande l'emporte.

  • Manuel Valls, plutôt l'Intérieur

Apprécié de l'opinion, jeune, élégant, Manuel Valls pourrait obtenir Matignon si François Hollande veut insuffler du sang neuf. Seul son positionnement à la droite du PS joue en sa défaveur, notamment avec la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon et du Front de gauche qui pourrait obliger le candidat socialiste à préférer une coloration plus à gauche du locataire de Matignon.

  • Arnaud Montebourg, la boussole à gauche

Révélation de la primaire où il a été "le troisième homme", Arnaud Montebourg représente aussi l'option jeunesse de François Hollande pour Matignon.

A 49 ans, le député de Saône-et-Loire incarne une certaine aile gauche du Parti socialiste. Un positionnement qui pourrait lui offrir la tête du gouvernement selon le rapport de force avec le Front de gauche.

Les outsiders

  • Jean-Marc Ayrault, le germanophile

Président du groupe socialiste de l'Assemblée nationale depuis 1997 et maire d'une grande ville, Jean-Marc Ayrault incarne le socialisme institutionnel. Conseiller spécial de François Hollande, dont il est proche, durant la campagne, le premier édile nantais a pour lui une germanophilie reconnue.

Un atout pour s'installer à Matignon et discuter avec l'Allemagne. Et malgré sa longue expérience politique, il incarnerait la nouveauté, n'ayant jamais exercé de fonction ministérielle.

  • Anne Lauvergeon, la surprise techno ?

Il y a peu de femmes premières ministrables dans l'entourage de François Hollande. Alors les spéculations ont avancé le nom d'Anne Lauvergeon comme potentielle titulaire de l'Hôtel Matignon.

Ancienne secrétaire générale adjointe de l'Elysée sous François Mitterrand, l'ancienne patronne d'Areva connaît le fonctionnement de l'Etat. Si François Hollande veut créer la surprise et nommer une femme, elle correspondrait à ce portrait-robot.

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