Présidentielle : "Il y a une vague de stigmatisation auprès des abstentionnistes", estime le co-fonfateur du Parti des abstentionnistes et des sans-voix

Le mot \"abstention\" tagué sur un mur à Caen, en 2010
Le mot "abstention" tagué sur un mur à Caen, en 2010 (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Pierre est à l'origine d'un faux parti qui donne la voix à ceux qui ont décidé de voter blanc ou de ne pas voter au second tour de l'élection présidentielle (7 mai). Interrogé sur franceinfo vendredi, il estime que ces positions sont "compliquées à tenir".

À l'approche du second tour de l'élection présidentielle (7 mai), qui oppose Marine Le Pen et Emmanuel Macron, les abstentionnistes déclarés sont de plus en plus critiqués. "Il y a une vague de stigmatisation, au-delà de l'élection présidentielle" qui rend "la position compliquée à tenir", a estimé vendredi 28 avril sur franceinfo Pierre, co-fondateur du Parti des abstentionnistes et des sans-voix (PAS).

franceinfo : Pourquoi ce choix de ne pas voter ?

C'est une façon de contester le système tel qu'il existe actuellement. Pour ma part, non seulement je ne me reconnais ni dans Emmanuel Macron ni dans Marine Le Pen, mais, en plus, je combats les deux. Aucun des deux n'apporte une solution concrète au problème majeur, à savoir comment on rénove de fond en comble la démocratie française.

Est-ce-que cette position est difficile à tenir ?

La position est très compliquée à tenir. Il y a une vague de stigmatisation, au-delà de l'élection présidentielle, auprès des abstentionnistes et des gens qui sont plus généralement sans voix : les votes nuls, les votes blancs, les non-inscrits.

Quel est votre objectif avec jevotepas.fr ?

Nous souhaitions, en créant ce faux parti, donner la voix aux abstentionnistes et aux sans voix. Les deux candidats ne sont pas les mêmes et nous n'incitons pas à ne pas voter. Nous sommes là pour permettre aux gens, qui ont déjà décidé de ne pas voter, de s'exprimer par un autre biais que celui des urnes. Beaucoup d'abstentionnistes pensent que le rôle d'un citoyen ne s'arrête pas à l'urne et passe par beaucoup d'implications au quotidien : les mobilisations dans la rue, les grèves, les manifestations, l'implication associative...

N'est-ce pas faire le jeu du Front national ?

Pas du tout. J'ai simplement le sentiment d'exprimer un droit citoyen qui est celui du non-vote. Je ne pense pas faire autre chose. D'après moi, ce qui a fait le jeu du FN ce sont surtout les politiques qui ont été menées jusqu'à présent, notamment celles qui ont consisté à ne pas prendre en compte la montée de l'abstention et à ne pas vouloir rénover en profondeur la démocratie en France.

Qu'est-ce qui pourrait vous faire changer d'avis ?

Beaucoup de facteurs pourraient me faire changer d'avis, notamment si le candidat qui s'oppose au Front national fait des propositions concrètes en matière de rénovation de la démocratie.

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