Affaires Mélenchon : les avocats de La France insoumise veulent un juge d'instruction

Le député Jean-Luc Mélenchon, le 19 octobre 2018 à Paris.
Le député Jean-Luc Mélenchon, le 19 octobre 2018 à Paris. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Les conseils du parti de Jean-Luc Mélenchon demandent le dessaisissement du parquet de Paris.

Après les perquisitions, la contre-attaque judiciaire. Les avocats de La France insoumise (LFI) ont réclamé, jeudi 25 octobre, le dessaisissement du parquet de Paris et la désignation d'un juge d'instruction pour poursuivre les enquêtes sur les assistants d'eurodéputés du mouvement de Jean-Luc Mélenchon et les comptes de campagne de la présidentielle de 2017.

Cette équipe d'avocats a pris la parole lors d'une conférence de presse à Paris, après plus d'une semaine de tensions démarrées avec les perquisitions menées notamment au siège de LFI, chez Mélenchon et au domicile de collaborateurs parlementaires. Un courrier en ce sens a également été adressé à la ministre de la Justice et au président du tribunal de grande instance de Paris. Dénonçant une nouvelle fois ces perquisitions, Mathieu Davy, conseil du quatrième homme de la dernière présidentielle, a souhaité la désignation d'un juge d'instruction, critiquant un parquet dont "l'action a cruellement manqué de lucidité".

Des perquisitions défendues par François Molins

Interrogé par L'Obs, le procureur de Paris, François Molins, avait défendu dès mercredi l'utilité des perquisitions menées. "Chacun sait que ces actes sont indispensables à la manifestation de la vérité dans un très grand nombre de procédures. C'était le cas en l'espèce", avait-il soutenu. La demande des avocats de LFI porte sur quatre dossiers, dont les emplois présumés fictifs d'assistants de députés européens et les comptes de campagne de l'ex-candidat, au cœur de l'affaire.

Sont aussi concernées deux plaintes déposées par le camp LFI : contre un ancien rapporteur de la commission des comptes de campagne, Jean-Guy de Chalvron, pour "violation du secret professionnel et dénonciation calomnieuse", et contre X pour "violation du secret de l'enquête" après la révélation dans la presse d'éléments relatifs aux perquisitions. "La seule chose que nous demandons, c'est la justice et les droits de la défense", écrivent ces avocats dans leur courrier.

L'enquête préliminaire du parquet de Paris avait été ouverte notamment après avoir reçu en mars un signalement de "surfacturations" relevées par la Commission nationale des comptes de campagne. Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou contestent, eux, toute surfacturation.

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