Marseille : Valls réclame un "pacte national" et une trêve politique

(Charles Platiau Reuters)

En réaction à la vague d'homicides qui secoue la cité phocéenne depuis plusieurs mois dont la mort jeudi du fils de José Anigo, le ministre de l'Intérieur a réclamé un "pacte national". Certains élus locaux se disent prêt à mettre leurs querelles politiques entre parenthèses, à six mois des élections municipales. Une table ronde doit se tenir samedi matin.

Deux morts en 24 heures, les quatorzième et quinzième réglements de compte à Marseille depuis le début de l'année : la série est si impressionnante qu'elle a décidé les élus locaux à mettre un terme à leurs querelles politiques en vue des municipales de 2014.

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L'idée a été avancée par Manuel Valls vendredi, lors d'une visite dans l'Essonne, le ministre de l'Intérieur demandant à ce que les querelles politiques soient "*mises de côté. Pour réussir cette guerre contre le trafic de drogue, ce combat contre la délinquance, il faut que l'état d'esprit change ". "Il faut du temps et du rassemblement (...) Je suis convaincu que nous réussirons ", a répété vendredi Manuel Valls.  *

Gaudin et Carlotti pour

* Maire UMP de la ville depuis 1995, Jean-Claude Gaudin – qui s'en était énormément pris au gouvernement au cours des dernières semaines – s'est dit favorable à cette idée. Dès jeudi soir, sur sa page Facebook, il avait fait part de son intention de "calmer le jeu "  : "Tout ceux qui aiment cette ville doivent aujourd'hui prendre leurs responsabilités et unir leurs efforts pour endiguer cette criminalité que je combattrai de toutes mes forces* ", a-t-il écrit sur le réseau social.

Une union des forces que défend également Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée chargée des Personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion, et candidate aux primaires socialistes pour les prochaines municipales : "Je n'étais pas très fière de la polémique entre élus, ce n'est pas l'image que l'on doit donner de nous, a-t-elle expliqué au micro de Laurent Grolée. Tout ce qu'il est possible de faire, faisons et faisons le ensemble "

Voix discordantes


L'appel du gouvernement ne rencontre cependant pas que des avis favorables. Bruno Gilles, sénateur-maire UMP et candidat dans le troisième secteur (contre Carlotti justement), a annoncé qu'il ne participera pas à ce qu'il appelle "une mascarade " : "C'est un écran de fumée pour masquer que le gouvernement ne veut pas aider Marseille, mais qu'il veut aider le ou la candidate qui sortira des primaires socialistes , a-t-il déclaré. Pour moi, il n'y a pas de possibilité d'union nationale ".

Autre voix quelque peu discordante, celle de Karim Zeribi, conseiller municipal et député européen Europe Écologie-Les Verts. Lui participera à la table ronde, sans être convaincu de son efficacité.

Le Front national a aussi fait part de son hostilité. "Les autorités ont laissé
l'hyperviolence se développer et l'ont niée, à l'image de Gaudin qui
aujourd'hui est enfermé dans son bureau d'office de tourisme. Avec les
responsables qui se réunissent demain, les responsables de la catastrophe, il
n'y a rien à espérer
", a réagi vendredi sur France Bleu Provence le secrétaire
départemental Stéphane Ravier, qui vise lui la mairie.

Le ministre de l'Intérieur a annoncé qu'une table ronde se tiendrait samedi matin en présence de l'ensemble des élus en préfecture, pour
"échanger sur la mise en oeuvre d'un pacte pour Marseille, sur la sécurité et
son développement futur
". L'occasion de tester la solidité de cette trêve politique.

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