Présidentielle : dans une tribune, 171 médecins sortent de leur réserve et appellent à dire non à Marine Le Pen

Une affiche électorale de Marine Le Pen a été recouverte de graffitis, le 2 mai 2017, sur un panneau parisien. 
Une affiche électorale de Marine Le Pen a été recouverte de graffitis, le 2 mai 2017, sur un panneau parisien.  (JOEL SAGET / AFP)

Parmi les signataires de ce texte, on trouve le généticien Axel Kahn, la pneumologue Irène Frachon ou encore le spécialiste de la fécondation in vitro René Frydman. 

"Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions." Voilà ce que dit le serment d'Hippocrate que prennent tous les médecins avant d'exercer. Et c'est ce qui les motive désormais à sortir de leur devoir de réserve. Dans une tribune publiée mercredi 3 mai dans Le Parisien, 171 médecins appellent à "faire barrage à Marine Le Pen et au Front national, de voter et d'appeler à voter, quels que soient notre sensibilité et notre vote du 1er tour, pour Emmanuel Macron" lors du second tour de l'élection présidentielle.

Ils estiment que les valeurs de leur profession sont "aux antipodes de l'autoritarisme, de la haine de l'autre et de la discrimination prônés par Marine Le Pen". "Nous, médecins de toutes régions, de toutes origines et de toutes nationalités, participons au quotidien, aux côtés des personnels de santé non médicaux, au fonctionnement du système de santé, sans aucune discrimination d'origine ou de nationalité", poursuivent-ils dans ce texte. 

"Une semaine intense de débat"

L'idée a été lancée par André Grimaldi, professeur d'endocrinologie et diabétologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris. Il a été suivi par de nombreux confrères, comme le professeur Alain Fisher, la pneumologue Irène Frachon, le généticien Axel Kahn, le psychiatre Serge Tisseron ou encore le spécialiste de la fécondation in vitro René Frydman. La liste complète des signataires a été mise en ligne par Le Parisien

Selon le quotidien, cette prise de position peu commune n'a pas été prise à la légère. En effet, il a fallu "une semaine intense de débat", notamment au sein de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), pour savoir s'il était possible de sortir de l'obligation de réserve à laquelle les médecins sont soumis. Si tout le monde n'était pas d'accord, 171 médecins assument maintenant publiquement leur vote, dimanche prochain.