Affaire des kits de campagne du FN : le parquet fait appel du jugement relaxant partiellement le parti

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), le 12 juin 2020.
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), le 12 juin 2020. (ALAIN JOCARD / AFP)

Mardi, la justice avait relaxé la formation politique de sa principale accusation dans le dossier, tout en condamnant six de ses cadres ou de proches du parti à des peines de prison.

Le parquet de Paris a annoncé, vendredi 19 juin, faire appel du jugement du tribunal correctionnel qui a relaxé mardi l'ex-Front national d'accusations d'escroquerie dans le financement des législatives de 2012, et l'a condamné uniquement dans un sous-volet de cette affaire.

Le tribunal correctionnel de Paris avait estimé ne pas avoir trouvé de "manoeuvres frauduleuses" ni de preuves de surfacturations derrière la fourniture obligatoire de kits de campagne - tracts, affiches, sites internet... - aux candidats du parti, remboursés par l'argent public.

Il a en revanche condamné le parti à une amende de 18 750 euros pour "recel d'abus de biens sociaux", pour avoir profité d'avantages indus auprès de la société de communication Riwal, notamment l'emploi fictif de deux hauts responsables actuels du parti, Nicolas Bay et David Rachline, de l'achat de matériel et surtout l'octroi au FN d'un crédit sans intérêt de plusieurs millions d'euros pendant trois ans.

Marine Le Pen y voit un "acharnement"

Le tribunal a par ailleurs souligné que "les faits lui semblaient particulièrement graves" car ils avaient "porté atteinte à la confiance des citoyens dans le fonctionnement des partis politiques" et de "la démocratie".

Six cadres du parti ou proches de Marine Le Pen avaient par ailleurs été condamnés à des peines de prison, pour la plupart avec sursis. La peine la plus lourde a été prononcée contre Frédéric Chatillon, ancien président du Gud et proche conseiller de Marine Le Pen à la tête de Riwal, condamné à 2 ans et demi de prison dont dix mois ferme, et à une amende de 250 000 euros.

L'appel "porte sur l'ensemble des prévenus", a précisé le parquet vendredi. "L'acharnement du parquet contre le RN est éminemment suspect", a réagi Marine Le Pen sur Twitter vendredi soir, en dénonçant une "instrumentalisation politique de la justice".

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