Marine Le Pen concurrencée à droite?

L\'ex-secrétaire général du Front national, Carl Lang.
L'ex-secrétaire général du Front national, Carl Lang. (MARCEL MOCHET / AFP)

Plusieurs formations d’extrême droite emmenées par le Parti de la France de Carl Lang ont annoncé vouloir présenter un candidat en 2012. Mauvaise nouvelle pour la présidente du FN, même si leur capacité de nuisance devrait être limitée.

Plusieurs formations d'extrême droite emmenées par le Parti de la France de Carl Lang ont annoncé vouloir présenter un candidat en 2012. Mauvaise nouvelle pour la présidente du FN, même si leur capacité de nuisance devrait être limitée.

Marine Le Pen dépassée sur sa droite ? Une hypothèse qui se dessine de plus en plus clairement alors même que la candidate du Front national a souffert cet été dans les sondages. Une coalition de petits partis d'extrême droite devrait venir jouer les trouble-fête au printemps 2012. Leur but avoué: contrer Marine Le Pen dont les orientations républicaines sont, selon eux, démagogues.

C'est le président du Parti de la France et ancien secrétaire général du FN, Carl Lang, qui devrait être leur candidat : la décision sera annoncée le 13 septembre lors d'une conférence de presse à Paris. "La candidature de Marine Le Pen est une imposture et l'objectif de cette union est de refonder la droite nationale", a-t-il expliqué à Reuters.

Pour l'ancien député européen entré en dissidence puis suspendu du parti, Marine Le Pen a pu faire illusion au début mais ses positions "sont déconnectées des réalités du XXIe siècle". "Par des effets d'annonce, elle est en train de discréditer la droite nationale par ses positions économiques et sociales, par son discours sur la sortie unilatérale de la France de l'euro et par son discours étatiste et laïciste", dit-il.

S'il parvient à réunir les 500 parrainages requis pour se présenter à la présidentielle, le "candidat d'union" pourrait priver la présidente du FN de précieuses voix dans l'âpre bataille pour l'accession au second tour de scrutin. La dirigeante du FN, qui semblait en mesure de se qualifier pour le second tour au printemps, a en effet perdu du terrain dans les sondages pendant l'été et arrive à présent en troisième position avec 15% à 20% des intentions de vote.

Unis pour nuire à Marine

Mais y-a-t-il vraiment de l'espace pour un concurrent du FN à l'élection présidentielle ? "A 2% ou 3% des voix, ça peut empêcher Marine Le Pen d'être dans le duo du second tour, même si l'hypothèse la donnant au
second tour ne semble plus d'actualité pour le moment
", estime le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite.

Premier ecueil pour les opposants de la droite nationale: parvenir à recueillir les 500 signatures nécessaires pour se lancer dans la course à l'Elysée. Un objectif difficile qui aura au moins l'avantage de gêner Marine Le Pen dans sa propre recherche de parrainages, qui est loin d'être acquise. Carl Lang, lui, juge l'objectif "tout à fait réalisable pour ses amis, d'autant que le candidat ne portera pas le nom de Le Pen." "Les réticences s'exprimeront moins", assure-t-il.

Le futur candidat bénéficiera du soutien du Parti de la France, de la Nouvelle droite populaire (NDP) et du MNR, autrefois dirigé par Bruno Mégret. Ces trois partis, qui prolongeront leur union lors des législatives de 2012, avaient déjà lancé des listes communes aux régionales de 2010, obtenant 3,8% en moyenne dans les sept régions où ils étaient présents.

Cette confédération pourrait essayer d'attirer Jacques Bompard, maire d'Orange et ancien élu FN, ainsi que diverses personnalités. "La porte est ouverte à tous les courants", confirme Carl Lang. Bruno Gollnisch, le rival malheureux de Marine Le Pen pour la présidence du FN, a choisi pour le moment de rester au sein du parti lepéniste avec nombre de ses partisans, qui voudraient y structurer une minorité interne forte.

Cependant, d'éventuels ralliements à la coalition anti-Le Pen pourraient embarrasser un peu plus la présidente du FN. "Les partisans de Bruno Gollnisch ne font pas scission pour le moment, mais si une partie partait, ça leur amènerait des moyens", souligne Jean-Yves Camus.