Manuel Valls prépare les Français à des années de "sacrifices"

Manuel Valls, dans les jardins de Matignon, à Paris, le 16 décembre 2014. 
Manuel Valls, dans les jardins de Matignon, à Paris, le 16 décembre 2014.  (REUTERS)

Dans un interview publiée lundi dans le quotidien espagnol "El Mundo", le Premier ministre estime que la France doit poursuivre ses efforts pour redresser la barre. 

Les Français doivent s'attendre encore à quelques années de sacrifices. C'est le message lancé par le Premier ministre, dans une interview au journal espagnol El Mundo (en espagnol), qui en fait "l'homme de l'année", publiée lundi 29 décembre. 

"Je ne veux pas dire aux Français que, d'ici deux à trois ans, nous en aurons fini avec les sacrifices", déclare Manuel Valls, né à Barcelone, au journal conservateur qui le présente comme "l'Espagnol qui veut changer la France""Nous devons faire des efforts pendant des années pour que la France soit plus forte, pour que ses entreprises soient plus compétitives et pour que son secteur public soit plus efficace, avec moins de coûts et moins d'impôts", explique le chef du gouvernement, dans une interview longue de trois pages.

Manuel Valls espère un retour de la croissance dans les prochains mois, et "qu'avec plus de croissance, il y aura bien sûr plus de travail". Il souhaite ainsi "qu'on pourra augmenter les salaires". "Mais l'effort pour parvenir à un Etat plus efficace, plus stratégique mais avec moins de coûts, devra continuer. Si d'ici deux ou trois ans, nous avons plus de croissance et nous cessons nos efforts pour réduire la dépense publique, nous perdrons ce que nous aurons acquis."

"Comme Premier ministre, je ne peux pas parler" de la présidentielle

Le Premier ministre se dit convaincu que les Français ont compris la nécessité des réformes et que la majorité du Parti socialiste les approuve. "Les Français, en général, sont en avance sur leurs dirigeants politiques, en ce qui concerne les réformes, les changements et leur disposition à l'effort", estime Manuel Valls.

"La majorité des militants, des présidents de région, des maires, la grande majorité des représentants et des sénateurs socialistes approuvent cette politique. Depuis que je suis Premier ministre, on dit : 'Cette loi ne passera pas'. Nous avons passé deux motions de confiance, tous les budgets, et même la réforme des régions", souligne-t-il.

Quand El Mundo lui demande s'il se voit en candidat à la présidence de la République, il répond : "Non. De plus, comme Premier ministre, je ne peux pas parler de ça. (...) Si les Français qui me font confiance parce que je travaille comme Premier ministre, et voient dans El Mundo que je parle d'une autre mission, ils me retireront leur confiance".

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